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Élections européennes: Quelles conséquences pour les banques et la zone euro ?

Dossier réalisé par Sophie Gauvent

Introduction

L’examen des sondages effectués à travers l’Europe permet d’ores et déjà d’esquisser ce que sera la composition du futur Parlement européen. Dans cette assemblée, il sera a priori difficile de faire émerger une majorité sur certains sujets, comme celui de la finalisation de l’Union bancaire. L’intégration de la zone euro sera elle aussi ralentie, voire bloquée.

En s’engageant dans la campagne pour les élections européennes de 2019, Emmanuel Macron va-t-il réussir à rendre optimistes les proeuropéens, comme il a si bien su le faire au lendemain de son arrivée à l’Élysée ? Au travers de plusieurs prises de paroles exaltées, il avait en effet donné sa vision pour l’Europe : il y eut le fameux « discours de la Sorbonne », mais aussi le texte prononcé à Athènes le 7 septembre 2017, dans lequel Emmanuel Macron appelait de ses vœux une zone euro plus intégrée, un « cœur d'Europe qui en soit l'avant-garde ». Las ! cet élan ne s’est pas vraiment traduit en réalisations concrètes. Par exemple, le projet de création d’un embryon de budget pour la zone euro n’aboutira pas avant le renouvellement du Parlement européen. Et dans la future assemblée, à en croire les sondages effectués à travers l’Europe, il sera difficile de faire émerger une majorité favorable à une zone euro plus intégrée (voir l’article de Gilles Moec). L’Union bancaire [1], elle aussi, risque la paralysie, alors qu’elle attend toujours d’être dotée d’un troisième pilier (i.e. la garantie européenne des dépôts telle qu’elle a été imaginée dès le lancement de l’Union bancaire en juin 2012). D’autres chantiers de réglementation bancaires (comme FRTB ou Bâle IV) semblent également menacés : trouver une majorité sur ces textes sera très laborieux.

Pourtant, les partis eurosceptiques ne devraient pas prendre le pouvoir lors du prochain scrutin, même s’ils obtiennent une « poussée ». Les groupes proeuropéens demeureront majoritaires au Parlement, mais ils sont eux-mêmes parcourus par une frontière de plus en plus marquée reflétant le clivage entre :

  • d’une part, des pays du nord de l’UE (Allemagne, Ligue Hanséatique), qui tendent de plus en plus vers la rigueur (réformes structurelles, réduction des risques…) ;
  • d’autre part, les pays du sud de l’UE (surtout l’Italie), qui réclament depuis longtemps plus de solidarité entre États membres et plus de flexibilité.

Les proeuropéens étant divisés en deux camps, le risque de paralysie est réel, du moins pour ce qui concerne les chantiers de réglementation bancaire et le devenir de la zone euro.

 

Dossier réalisé par Sophie Gauvent

[1] Sur la finalisation de l’Union bancaire et l’intégration de la zone euro, lire dans ce même numéro le dossier « Union bancaire, zone euro : le partage des risques à la peine ».

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