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L'actualité des M&A bancaires

Brésil-Russie : une situation contrastée

Tandis que le marché bancaire brésilien semble promis à un bel avenir, son homologue russe se trouve confronté à des perspectives plus sombres.

Le 31/05/2011
Georges Pujals

Au cours des derniers mois, la Pologne et la Turquie ont focalisé l’attention en matière de fusions-acquisitions bancaires dans les pays émergents. Toutefois, les prix y sont devenus très élevés et les cibles disponibles plus rares. C’est pourquoi les principales banques occidentales devraient bientôt se tourner vers d’autres terrains de chasse à fort potentiel.

Dans cette perspective, le Brésil apparaît comme une zone d’intérêt prioritaire, ainsi que le montre la transaction récente entre la filiale de services financiers du français Carrefour et la banque brésilienne Itau Unibanco (voir Encadré 1). À cela il existe plusieurs raisons, qui vont bien au-delà du simple critère de la taille du pays (190 millions d’habitants). Tout d’abord, la densité bancaire du Brésil est l’une des plus faibles au monde, avec seulement une agence pour 7 266 habitants (1 337 en France). Par ailleurs, 40 % de la population n'a pas encore de compte bancaire (voir Encadré 2). Enfin, le boom économique brésilien a fait émerger une classe moyenne très nombreuse et a conduit à une nette progression des patrimoines.

À ce jour, Santander et HSBC sont les seules banques occidentales qui disposent d'une présence significative dans le pays et toutes deux souhaitent s’y renforcer. Le numéro un bancaire espagnol, également plus grande banque étrangère opérant au Brésil, y compte déjà près de 2 300 agences et va ouvrir par croissance organique 600 succursales supplémentaires dans les prochaines années. De nouveaux arrivants sont également attendus, parmi lesquels figure la première banque chinoise ICBC qui vient d’annoncer l’ouverture en 2011 à São Paulo d’une filiale dotée d’un capital de départ de 100 millions de dollars.

Ce retour en force programmé du Brésil contraste avec la situation actuelle de la Russie, autre grand pays émergent appartenant aux BRIC. Depuis le début de l’année, plusieurs banques occidentales (Barclays, HSBC…) y ont en effet mis fin à leur activité de banque de détail. Cela est d’autant plus paradoxal que le marché bancaire russe était considéré avant la crise comme un véritable « eldorado » pour les banques occidentales. Au-delà des aspects culturels, ce revirement de situation s’explique par la domination écrasante des grandes banques publiques russes (Sberbank et VTB), soit environ 60 % des actifs et des dépôts en Russie.

Achevé de rédiger le 17 mai 2011.

L'auteur

  • Pujals
    • Chargé d’études
      Bureau Van Dijk
    • Économiste bancaire
      CEPN
    • Chargé de cours
      Université Paris Descartes

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