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Élections grecques

Une victoire de la gauche radicale qui soulève bien des questions

Le 28/01/2015

Les élections dans la plus vieille démocratie du monde ont été regardées de près par les marchés, le 25 janvier dernier : en mettant au pouvoir Aléxis Tsípras et son parti Syriza, les Grecs ont ouvert une brèche dans le précaire équilibre trouvé au cœur de la crise de la zone euro. Encore sous l’effet euphorisant de l’annonce du Quantitative Easing (QE) de la BCE, les marchés ont peu réagi juste après ces résultats. Pourtant, les questions soulevées sont nombreuses… et les réponses encore incertaines. La première d’entre elles a été écartée par les décideurs européens, mais vraisemblablement pas par l’électorat grec : peut-on effacer une partie de la dette existante ? Elle s’élève à 27 milliards d’euros pour la BCE, 53 milliards en bilatéral pour les États de la zone euro et 142 milliards pour le FESF [1]. La dégradation du risque grec pourrait-elle, par ricochet, pénaliser ces investisseurs ? Plus réaliste à court terme, la question de l’aménagement de ses conditions d’emprunt se posera : baisse des taux – déjà bas – et allongement de la maturité. Des questions techniques peuvent également être soulevées : la Grèce est-elle toujours éligible au QE ? Les titres rachetés doivent en effet être dans la catégorie « investissement » ou sous programme d’ajustement de l’Union européenne et du FMI, ce qui est le cas de la Grèce… en tout cas jusqu’à aujourd’hui. Pour l’instant, la question est rhétorique, car les règles de concentration de la BCE l’empêchent de s’exposer davantage au risque grec, mais elle pourrait se poser dès juillet, étant donné les remboursements attendus des titres en portefeuille, selon Mario Draghi.

[1] Fonds européen de stabilité financière.

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