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Diversification

BNP Paribas investit dans le m-banking

Le 23 novembre 2011, BNP Paribas a dévoilé les termes d’une offre de m-banking d’un genre nouveau, mêlant forfaits et services mobiles. Orange, son partenaire de longue date avec l'opération « Nice sans contact », et Orange Money l’accompagnent dans cette aventure.

Le 13/12/2011
Annick Masounave

« Le mobile est un prolongement naturel de notre activité », a déclaré François Villeroy de Galhau, membre du comité exécutif de BNP Paribas, chargé du pôle banque de détail en France. De plus en plus d’opérations sont appelées à se faire sur téléphone mobile. L’expérience de BNP Paribas a débuté en avril 2009, avec le lancement de l’application Iphone gratuite « Les bons comptes entre amis », qui compte à ce jour 146 000 téléchargements. L’application de gestion de compte, disponible depuis novembre 2009, vient confirmer le succès de cette première expérience. Désormais disponible sur différents supports [1], elle attire 390 000 utilisateurs mensuels. « Début 2010, nous n’avions aucun utilisateur de services mobiles », se réjouit François Villeroy de Galhau (voir Encadré 2).

Une offre mobile complète

Ces différentes expérimentations ont conduit BNP Paribas à s’associer avec Orange afin de lancer une offre bancaire complète de services bancaires mobiles, incluant la vente de forfaits mobiles et de terminaux NFC. « Il ne s’agit aucunement d’une diversification de notre offre, a précisé François Villeroy de Galhau, nos concurrents le font déjà. Nous avons conçu nos services comme un approfondissement de l’offre existante. » (voir Encadré 3)

Aussi, BNP Paribas propose 4 forfaits mobiles différents ainsi que 8 terminaux smartphones, 3 d’entre eux étant compatibles Citizy.

Le tarif d’entrée paraît élevé, surtout dans la perspective de l’entrée prochaine de l’opérateur Free sur le marché (voir Encadré 4). Son P-DG, Xavier Niel a en effet promis de « secouer le marché » et de « redonner du pouvoir d’achat aux Français ». Des rumeurs persistantes, mais non confirmées, font état d’un premier forfait à 5 euros pour 2 heures de communications. Ceci laisse présager pour 2012 une féroce bataille des prix, à laquelle les opérateurs tentent de se préparer avec des offres low cost. À ces critiques, Delphine Ernotte, directrice exécutive d’Orange en France répond que « les offres à valeur conservent tout leur intérêt pour la clientèle ».

Demain, le paiement sans contact

Forte de son expérience niçoise, BNP Paribas a choisi de se positionner sur le paiement sans contact. Son application « KIX » sera embarquée dans la carte SIM, proposée dans le package des forfaits mobiles. Il sera possible de régler, sans frais supplémentaires, des achats d’un montant inférieur ou égal à 300 euros par achat. BNP fait le pari d’un développement du paiement sans contact à l’horizon 2015, tablant pour cela sur quatre facteurs :

  • l’arrivée sur le marché, côté particuliers, d’un nombre sans cesse croissant de téléphones équipés de puces NFC ;
  • la généralisation de cartes de paiement dual dès le premier semestre 2012 ;
  • la baisse des commissions d’interchange sur les petits montants, susceptible d’encourager les commerçants à s’équiper de terminaux de paiement de nouvelle génération, ou à les renouveler (voir Encadré 5) ;
  • la mise en place d’une offre TPE 100 % sans contact début 2012, pour accélérer davantage l’équipement des commerçants en terminaux compatibles.

En outre, des chaînes de grande distribution – Leroy Merlin et Carrefour en l’occurrence – se sont déjà équipées. Auchan a fait part de son intention de renouveler son parc de terminaux. La banque prévoit que sur ses 6 millions de clients, plusieurs centaines de milliers adopteront ce mode de paiement dans les années à venir.

L’écosystème local, un avantage concurrentiel

En France, les annonces émanant d’établissements bancaires et concernant les solutions de paiement mobile (Kwixo, Pay2You, etc.) se sont multipliées au cours des derniers mois. Aux États-Unis, les géants Paypal et Google lancent également des expérimentations. Apple a gardé jusqu’à présent le plus grand secret quant à ses intentions.

Face à ces concurrents potentiels, BNP Paribas affiche une grande sérénité. François Villeroy de Galhau considère en effet que le NFC ne se déploiera qu’avec un écosystème local. En outre, d'après lui, un acteur comme Google applique une stratégie totalement différente d’un établissement bancaire, notamment en matière d’utilisation des données personnelles et de celles relatives à la transaction.

[1] Iphone, tablettes, Blackberry, Android, Windows Phone 7.

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