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L'actualité des M & A bancaires

RBS embourbé dans la crise

Tandis que les effets de la crise semblent se dissiper pour la plupart des grandes banques européennes, Royal Bank of Scotland n’en finit pas de payer l’addition.

Le 27/03/2014
Georges Pujals

Même si elles n’ont pas retrouvé leur dynamique d’avant la crise, et encore moins leur rentabilité, la majorité des grandes banques du Vieux Continent semblent enfin avoir tourné la page de la terrible crise de 2008. En effet, elles viennent d’annoncer une nette amélioration de leurs profits pour l’année 2013.

Toutefois, certains « maillons faibles » peinent encore à se redresser financièrement telle que la banque britannique Royal Bank of Scotland (RBS) qui a réalisé deux nouvelles cessions durant le mois écoulé. Au-delà de sa sortie du marché bancaire mexicain, on retiendra surtout la signature d’un accord avec BNP Paribas concernant la vente d’une partie de ses activités de dérivés actions et produits structurés pour investisseurs particuliers (voir Encadré 1). Cette opération prévoit le transfert d’environ 15 milliards de livres d’engagements.

5 ans après avoir été sauvée de la faillite par l’État britannique, Royal Bank of Scotland a récemment publié une perte nette d’environ 9 milliards de livres en 2013, soit la plus importante depuis 2008. En 6 ans, ses pertes cumulées atteignent 46 milliards de livres (voir Encadré 2). Le mauvais résultat enregistré l’an dernier est notamment la conséquence de plusieurs milliards de provisions pour régler différents litiges et de dépréciations liées à l’établissement d’une structure de défaisance (bad bank) regroupant ses actifs toxiques.

Pour redresser la barre et préparer sa privatisation, la banque britannique va devoir engager au plus vite un nouveau plan de restructuration. L’objectif désormais affiché est de ramener son coefficient d’exploitation de 73 % à environ 50 % en diminuant ses charges opérationnelles de 40 % d’ici 3 à 4 ans, soit au total une économie de 5,3 milliards de livres. Pour cela, deux leviers stratégiques seront privilégiés :

  • d’une part, Royal Bank of Scotland va regrouper ses sept divisions métiers en trois seulement (la banque personnelle et commerciale, la banque privée et la banque des entreprises et des institutionnels) et rationaliser drastiquement ses systèmes informatiques, ses gammes de produits ou encore son parc immobilier ;
  • d’autre part, Royal Bank of Scotland va encore davantage recentrer ses activités sur la banque de détail outre-Manche en cédant un tiers des actifs de son réseau international. Le dossier le plus difficile à régler sera sans aucun doute celui de sa filiale irlandaise (Ulster Bank). Cette dernière a absorbé 15 milliards de livres de capital depuis 2008, c’est-à-dire un tiers des 45 milliards injectés par les contribuables anglais dans RBS. Ulster Bank a fortement souffert de l’éclatement de la bulle immobilière. Une fois les différentes cessions réalisées, le Royaume-Uni représentera 80 % des actifs de la banque britannique contre 60 % aujourd’hui.

Passé de 1 600 milliards de livres avant la crise à 740 milliards fin décembre 2013, son bilan devrait finalement descendre à 600 milliards entre 2016 et 2017. En seulement 8 ans, la banque britannique aura donc réduit sa taille des deux tiers environ. Cela montre l’ampleur de la « cure d’amaigrissement » infligée.

L'auteur

  • Pujals
    • Chargé d'études
      Bureau Van Dijk
    • Economiste bancaire
      CEPN
    • Chargé de cours
      Université Paris Descartes

Pour en savoir plus

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  • 1. PRINCIPALES OPÉRATIONS DE M. & A DANS LE SECTEUR BANCAIRE MONDIAL

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  • 3. ORGANISATION DU GROUPE OP-POHJOLA

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