+
-

Financement

FinTechs : les investisseurs ont-ils raison ?

Introduction

Nombre de FinTechs parviennent à séduire les investisseurs sans pour autant être rentables. En se fondant sur d’autres critères que la rentabilité, les investisseurs parviennent-ils à identifier les FinTechs viables sur le long terme ?  Ou sommes-nous en présence d’une bulle spéculative ?

Avec 370 millions d’euros levés en France en 2018 au travers de 74 opérations concernant des FinTechs, l’enthousiasme croissant des investisseurs se confirme pour ces jeunes entreprises innovantes qui viennent bousculer les acteurs traditionnels de la finance. KPMG, qui a compilé ces chiffres (voir le texte de Fabrice Odent et Michael Ptachek page XX), rappelle que la France est au diapason d’un contexte international très porteur en termes de levées de fonds dans ce secteur, avec notamment Ant Financial en Asie, pour un montant de 14 milliards de dollars en 2018.

Et l’année 2019 s’annoncerait meilleure encore ! Pourtant, nombre de ces Fintechs qui séduisent les investisseurs ne sont pas rentables. Président du Cercle des économistes, Jean-Hervé Lorenzi souligne que « la moitié des FinTechs françaises génèrent moins de 300 000 euros de revenu et 80 % ne seraient même pas rentables au bout de 3 ans. »

Cet écart, qui peut sembler paradoxal, entre un fort engouement des investisseurs et la faible rentabilité des entreprises, doit-il inquiéter et rappeler le phénomène de la bulle Internet qui a éclaté en 2000 ? Pour Jean-Hervé Lorenzi, la tentante comparaison entre les deux époques ne permet pas de conclure à une similarité : « On est encore bien loin des niveaux de capitalisation boursière de la fin des années 1990 dans le secteur de la technologie qui avait connu une multiplication par 5 du marché de l'électronique du Nasdaq. »

Si la rentabilité n’est pas le principal atout des FinTechs pour séduire les investisseurs, ceux-ci utilisent d’autres critères pour évaluer la viabilité d’une jeune pousse. Certains s’appuient sur la notation d’EarlyMetrics dont l’approche, dédiée aux start-up, examine notamment la complémentarité des fondateurs, la rapidité d'exécution, la complexité technologique du produit ou encore la dépendance à des fournisseurs ou des partenaires externes (voir le texte d’Antoine Baschiara, page xx).

Président de la FinTech Lemon Way, Damien Guermonprez (lire son interview page XX) a relevé les questions que se posent les investisseurs, notamment : quelle est la taille du marché européen, voire mondial, auquel s’adresse la start-up ? Saura-t-elle atteindre une position de leader, même dans une niche ? Sa croissance est-elle supérieure à 50 % par an ? L’activité est-elle scalable [1] ? Des acquéreurs potentiels sont-ils déjà identifiés ? La rentabilité n’est pas absente des interrogations des investisseurs, mais elle est questionnée en termes d’horizon : à quel horizon le business plan permet-il à l’entreprise d’atteindre la rentabilité ?

À un stade avancé de leur développement, les FinTechs cotées devront quant à elles plus souvent s’appuyer sur leur rentabilité pour séduire les investisseurs. Par exemple, Robeco (voir le texte page xx) considère que ce critère est déterminant.

Enfin, les témoignages de ces professionnels sont complétés par cinq textes synthétisant les travaux de recherche menés par la House of Finance de l’université de Paris-Dauphine et le cabinet de conseil Vertuo qui décrivent les différentes stratégies adoptées par les FinTechs pour assurer leur viabilité.

 

[1] Une entreprise est « scalable » si elle est capable de faire croître de façon très significative son volume d’activité (facteur de 10 par exemple) sans engendrer de surcoûts très importants. C’est le cas de la majorité des entreprises digitales.

Le dossier que vous souhaitez consulter est payant ou réservé à nos abonnés.

Séminaires