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Financement de la transition énergétique

Dossier réalisé par Laure Bergala

Introduction

Limiter le réchauffement climatique sous la barre des 2 °C comme invite à le faire l’Accord de Paris, signé à l’issue de la CoP 21, fin 2015, implique une transformation profonde de l’économie et nécessite des investissements colossaux. Des acteurs de tout type participent désormais au financement de la transition énergétique. Diverses propositions sont émises pour inciter encore davantage le secteur privé à réorienter les capitaux, alors que la France entend se positionner comme un leader de la finance verte et durable.

Avec l’Accord de Paris signé à l’issue de la CoP21 en décembre 2015, le monde s’est donné comme feuille de route de limiter le réchauffement climatique à moins de 2 °C d’ici 2100. Or maintenir les modèles économiques et financiers actuels conduirait à une hausse de 4 ou 5 °C. La finance a son rôle à jouer dans la nécessaire transition énergétique, pour favoriser la transformation de l’économie, alors que le dérèglement climatique et ses conséquences déjà catastrophiques sur les écosystèmes et les hommes est de plus en plus perçu comme un « risque ». Risque qui commence à être appréhendé et analysé, en France en vertu de l’article 173 de la loi transition énergétique notamment.

Les besoins pour financer cette transition sont colossaux. La Banque Mondiale parle par exemple de 90 000 milliards de dollars d’investissements en infrastructures en 15 ans. Construire une économie qui émet moins de CO2 signifie financer les énergies renouvelables, dont les coûts de production sont en baisse, mais aussi l’efficacité énergétique, la transformation des logements, des transports et des villes…. Des acteurs de tout type participent désormais à ce financement. Les banques multilatérales de développement et autres fonds multinationaux ont été rejoints par les acteurs privés, banques commerciales, fonds d’investissement… et les banques publiques, en France et en Europe, se montrent de plus en plus actives.

Des freins demeurent pour ces financements parfois complexes et souvent de long terme et d’aucuns considèrent que le secteur privé ne se mobilisera pleinement qu’avec davantage d’incitations. Les propositions en la matière sont nombreuses, de la fixation d’un prix élevé au carbone aux incitations prudentielles comme le green supporting factor imaginé par la Fédération bancaire française, d’un quantitative easing vert à des produits ou montages financiers innovants, en passant par de nouveaux types de fonds…

Financer la transition, c’est aussi, voire surtout, réorienter les capitaux. Le désinvestissement concerne en premier lieu le carbone. Les banques ont commencé à sortir de son financement, initialement poussées par les ONG, qui historiquement ont participé à sensibiliser les acteurs privés au sujet climat. Les investisseurs aussi l’ont compris, alors que certaines valeurs commencent à connaître de grosses dépréciations. L’impact du réchauffement sur les portefeuilles conduit investisseurs et gérants à des stratégies de désinvestissement et de réallocation des actifs. Le désinvestissement concerne en premier lieu le carbone. Les banques ont commencé à sortir de son financement, initialement poussées par les ONG, qui historiquement ont participé à sensibiliser les acteurs privés au sujet climat.

La France, bien positionnée sur le marché florissant des green bonds, a lancé cet été l’initiative de place Finance for Tomorrow qui entend faire de Paris un des leaders de la finance verte et durable. Elle propose deux rendez-vous à la finance climat en décembre, le 11 avec le 3eClimate Finance Day organisé par Paris Europlace et Bercy, et le 12 pour un sommet climat international voulu par le président de la République, deux ans jour pour jour après la signature de l’Accord de Paris. Or il n’y aura pas de financement de la transition sans finance privée, et pas non plus sans une approche du sujet à l'échelle internationale.

Dossier réalisé par Laure Bergala

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