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Services

DSP2 : Un nouvel univers de business

Dossier réalisé par Géraldine Dauvergne

Introduction

Agrégation de comptes, initiation de paiement, cash back, virement instantané : le « développement de moyens de paiement innovants, accessibles et faciles à utiliser » est l’objectif phare de la deuxième directive européenne sur les services de paiement, en vigueur dans l’Union Européenne depuis le 13 janvier 2018, et des normes techniques de réglementation qui la complètent et entreront en application le 14 septembre 2019. Comment les banques, les FinTechs et les commerçants se préparent-ils à cette échéance ? Qui tirera le mieux son épingle du jeu ?

Nombreux sont les acteurs bancaires qui n’ont bougé qu’au dernier moment, le 14 mars dernier. Ils étaient alors contraints d’ouvrir leurs interfaces de partage de données sécurisées (Application Programming Interface – API) pour une période de six mois de tests, imposée par la nouvelle réglementation. Auparavant, les mêmes semblaient faire la sourde oreille aux sollicitations des « tiers prestataires de services de paiement ». En leur accordant l’accès aux comptes des clients des établissements bancaires classiques, la DSP 2 devait être une consécration pour ces petites entreprises, pour peu qu’elles aient obtenu l’un des deux statuts spécialement créés pour elles : prestataire de services d’information sur les comptes (PSIC) ou prestataire de services d’initiation de paiement (PSIP).

Parmi les normes techniques réglementaires (RTS) élaborées par l'Autorité bancaire européenne (ABE), chargées de préciser les modalités de la deuxième directive sur les services de paiement (DSP 2), les mesures sur l’authentification forte des paiements en ligne et celles sur l’accès aux données des comptes des clients des banques étaient attendues par les uns, redoutées par les autres. Tous les acteurs des paiements doivent désormais intégrer ces fameuses interfaces aux systèmes d’information, en maîtriser les rouages et l’art de l’exposition des données. Un chantier qui s’étend jusqu’au 14 septembre, date d’entrée en application de ces mesures.

Grâce à la DSP 2 et à l’implémentation du virement instantané, banques, commerçants et FinTechs parviendront-ils à s’affranchir des grands réseaux interbancaires ? Quant à la panoplie des services financiers, innovants et peu coûteux, adossés à internet, elle devrait s’étoffer de manière spectaculaire. C’est ce que Bertrand Blumereau, directeur du marketing du Groupe SAB, nomme « l’effet papillon » de la DSP 2 : « le simple changement de réglementation engendre une révolution technologique et stratégique ».

Ouvrir la concurrence, favoriser l’innovation et garantir la sécurité du consommateur : ce sont les objectifs de la DSP 2… qui frôlent parfois la contradiction. Comment concilier l’authentification renforcée tout en maintenant la fluidité du parcours client ? Comment intégrer, dans ce délicat équilibre, un prestataire tiers ?

Quant à la pratique du cashback, elle a fait une entrée plus discrète dans la réglementation, via la DSP 2. En autorisant les commerçants à effectuer un rendu d’espèces lors d’un achat, elle pourrait bien entraîner, elle aussi, une révolution des usages.

Dossier réalisé par Géraldine Dauvergne