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Dettes souveraines : un refuge de moins en moins sûr

Dossier réalisé par Sophie Gauvent

Introduction

« Le taux d’intérêt appliqué aux prêts concédés à [la Grèce] sera ajusté de 100 points de base [et passe ainsi de 6,51 à 5,51 %]. De plus, l’échéance de tous les prêts-programmes à la Grèce sera repoussée à sept ans et demi [au lieu des quatre ans prévus initialement]. » Extrait des Conclusions établies le 11 mars 2011 par les chefs d’État ou de Gouvernement de la zone euro.

Le 11 mars, les États européens ont accepté une forme de restructuration de la créance qu’ils détiennent sur la Grèce. Ont-ils envoyé un signe aux investisseurs privés ? Préparent-ils les banques à une restructuration plus large de la dette des pays périphériques de la zone euro ?

L’hypothèse d’une restructuration concernant les créanciers privés est plus clairement évoquée dans l’accord trouvé le 21 mars sur le MES (Mécanisme européen de stabilité) et confirmé par le sommet du 24 et 25 mars. Elle est envisagée dans le cas où la Commission Européenne et le FMI jugeraient insoutenable la dette d’un pays qui sollicite l’appui du MES. « Dans ce cas très improbable, l’organisme n’accordera l’aide nécessaire que si l’Etat demandeur a commencé à engager des négociations de bonne foi avec ses créanciers privés en vue de trouver une solution adaptée à la gravité de la situation, explique Benjamin Angel, Chef d’Unité “Établissements financiers et stabilité financière” à la Direction générale des affaires économiques et financières de la Commission européenne. Ces discussions devront porter par exemple sur un rééchelonnement de la dette ou une baisse du taux ou, en dernier recours, sur un hair cut sur le principal ».

Quel scénario choisir ?

Toutefois, le scénario privilégié par la Commission européenne est sensiblement différent : « Il est probable que, dans la quasi totalité des cas, la Commission et le FMI estimeront que la dette est soutenable, prévoit Benjamin Angel. Alors, les contraintes pour les investisseurs privés seront mineures. La règle s’inspirera de l’initiative de Vienne, c’est-à-dire que le MES et l’État concerné  favoriseront un accord volontaire avec les banques afin qu’elles maintiennent leur exposition dans le pays recevant une assistance financière. »

Pour nombre d’économistes, ce scénario est trop optimiste. Selon eux, les restructurations sont hautement probables et souhaitables, elles interviendront avant la mis en place du MES qui est prévue pour 2013 (voir l’article de David Thesmar) et elles impacteront l'ensemble des créanciers.

Le concept de burden sharing (partage du fardeau, entre états et investisseurs privés) a largement été promu par Angela Merkel. Mais ses discours ne s’adressent-ils pas en réalité à ses électeurs ? Et la chancelière n’a-t-elle pas, au fond, l’intention de signer tous les chèques nécessaires pour éviter le défaut, même partiel, de tout État membre de la zone euro ? C’est ce que pensent et espèrent nombre de banquiers.

Alors que la zone euro concentre l'attention, la situation des États-Unis est en réalité bien plus préoccupante, selon Marc Fiorentino. Et il s’agit du pays du Chapter 11 !

Achevé de rédiger le 25 mars

Dossier réalisé par Sophie Gauvent

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