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Economie

Quelle croissance mondiale ?

Le 25/01/2019
Jean-Pierre Petit

En moyenne annuelle, la croissance mondiale devrait atteindre, selon nous, 3,2 % en 2019 (en PPA) vs un consensus Bloomberg aujourd’hui à 3,5 %. Rappelons que les données correspondantes de 2017 et 2018 ont été respectivement de 3,9 et 3,7 %.

Le momentum manufacturier est particulièrement mal orienté. Le PMI manufacturier mondial a de nouveau chuté en décembre, perdant 0,5 pt à 51,5, son niveau le plus bas depuis septembre 2016. La moyenne du T4 s’est ainsi établie à 51,8, également un plus bas depuis le T3 2016. En d’autres termes, l’industrie manufacturière mondiale vient d’effacer l’accélération cyclique commencée à l’été 2016. Évidemment, les carnets de commandes se remplissent lentement, tandis que les nouvelles commandes à l’export baissent pour le 4e mois consécutif.

Les causes de ce ralentissement sont déjà connues (incertitudes politiques croissantes depuis mars, resserrement mondial des conditions financières depuis septembre, hausse du prix du baril jusqu’en octobre, saturation de certains besoins en équipements ou automobile…) et nous n’y reviendrons pas. Il y a fort heureusement des facteurs compensateurs (faiblesse des taux réels, baisse du prix du baril depuis 3 mois, politique budgétaire expansive à l’échelle mondiale, début de stabilisation du dollar…). Les risques exogènes demeurent et ils sont principalement de nature politique ; guerre commerciale sino-américaine (en dépit des ouvertures de la Chine), Europe (situation politique en Italie et en France, hard Brexit…), États-Unis (durée du government shutdown, résultats de l’enquête du procureur Mueller, débat sur le plafond de la dette entre mars et octobre, peut-être le démarrage d’une procédure d’impeachment par la Chambre des représentants).

Concernant la zone euro, partant d’une croissance annualisée de 1 % au T4, nous pensons que le rythme d’activité ne sera guère supérieur durant les 4 trimestres de 2019. Ce qui nous ferait une croissance moyenne de 1,3 % en 2019 (vs 1,6 % pour le consensus forecast). Il y a évidemment de nombreux facteurs négatifs pour la croissance en zone euro (freinage du commerce mondial, incertitudes politiques, difficultés du secteur automobile, détérioration des conditions financières…) qui sont quelque peu compensés (soutien budgétaire, politique monétaire encore accommodante, assez bonne situation financière des entreprises, baisse du pétrole, niveau de confiance des ménages encore élevé même s’il baisse…).

De fait, au niveau mondial comme européen, on en revient presque au même niveau de croissance que celui enregistré mi-2012-mi 2016 (3 %), avant la réaccélération de l’été 2016.

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