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Endettement

Une proposition d’annulation du PGE des entreprises les plus fragiles

Bernard Cohen-Hadad (CPME Paris Île-de-France) propose l’annulation, à la charge de l’État et des Régions, de PGE qui ne pourraient être remboursés.

Le 16/02/2021
Laure Bergala

Face à la certitude qu’un certain nombre de petites entreprises ne pourront pas rembourser leur Prêt garanti par l'État (PGE) et risquent la faillite, Bernard Cohen-Hadad, président de la CPME Paris Île-de-France, porte la proposition « que l’État annule la dette Covid des entreprises les plus fragiles ». « Nous proposons que l’État, avec le soutien de la Région, efface la dette des entreprises qui ont une utilité sociétale, territoriale ou un enjeu stratégique. Cela se fera avec une grille de critères. C’est une décision de solidarité nationale dans le cadre d’un enjeu territorial. Devant l’inéluctabilité des défauts de paiement, est-ce que l’on va accepter, ou non, la casse humaine, sociale, la disparition de savoir-faire, et la désertification de l’écosystème territorial ? C’est cela l’enjeu », affirme Bernard Cohen-Hadad.

Cette annulation se ferait au cas par cas, concernerait des entreprises de toutes tailles et « de préférence les seules entreprises viables ». La proposition vise celles qui ont été contraintes d’arrêter ou de réduire leur activité, et pour lesquelles le report d’un an du remboursement du PGE est bienvenu mais ne suffira pas. Elles appartiennent aux secteurs du commerce, de l’événementiel, la culture, l’hôtellerie, la restauration, le tourisme, les salles de sport…

« Les plus fragiles, ce sont les 6, 8 ou 10 %, selon les différentes anticipations, qui ne pourront pas rembourser leur PGE. Cela représente jusqu’à 8 milliards  d'euros. Ce n’est pas un montant insurmontable face aux 100 milliards du plan de relance par exemple », estime Bernard Cohen-Hadad. La mesure serait financée par l’État avec des contributions régionales et européennes (via l’enveloppe de 750 milliards par exemple).

Les banques commerciales, qui portent 10 % ou davantage des garanties des PGE, ne seraient pas pénalisées. « Je ne demande pas à ce que les établissements financiers ne soient pas rémunérés. Les États et les Régions couvriraient aussi le risque bancaire. Ce sont eux qui assumeraient ce risque. Il faut rappeler que les risques de défaut ne sont pas une problématique de gestion, mais proviennent de fermetures administratives. On n’est pas dans une crise des entreprises ni une défaillance des marchés, on a tendance à l’oublier. C’est une décision de l’État d’interdire, du jour au lendemain, de limiter ou de contraindre l’activité économique. Donc c’est à l’État d’assumer. Et les banques ont joué leur rôle de soutien dans cette situation, c’est important de le rappeler », ajoute le président de la CPME Paris Île-de-France. À quelques mois des élections régionales, certains candidats déclarés se montrent intéressés par la proposition. L. B.

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