+
-

Finalisation de Bâle III

Michel Bilger : « Les banques européennes sont toujours très défavorisées »

Le 25/10/2019
Michel Bilger | Sophie Gauvent

Le document publié le 2 octobre par le Comité de Bâle montre l’impact de la nouvelle version du Fundamental Review of the Trading Book (FRTB). Comment analysez-vous ces chiffres ?

La réforme dite FRTB va entraîner une hausse significative de la charge en capital liée aux activités de marché. La première version du FRTB en 2016 avait été fortement critiquée. La version révisée et définitive est connue depuis janvier 2019 et l’on peut effectivement observer désormais son impact dans le document publié le 2 octobre par le Comité de Bâle dans le cadre du chiffrage de l’impact de Bâle IV. Comme anticipé, la nouvelle version est moins pénalisante : le FRTB va entraîner une hausse de +2,8 % des exigences minimales de fonds propres Tier 1 pour les banques européennes (contre +3,3 % avec la version de 2016) et de +4,7 % de l’autre côté de l’Atlantique (contre +8,3 %). Les banques américaines sont globalement plus impactées car elles ont des positions de trading plus élevées ; mais les aménagements introduits dans la version finale du FRTB de janvier 2019 leur bénéficient bien davantage, avec un allégement de -43 % contre -15 % pour les banques européennes. La disparité des résultats par les zones géographiques se confirme.

L’activité de marché ne représente qu’une partie des RWA des banques. Que montrent les derniers calculs de l’impact global de Bâle IV ?

Les banques européennes sont toujours très défavorisées avec une augmentation de 21,2 % de leurs exigences minimales de fonds propres Tier 1 contre, désormais, un impact de Bâle IV qui deviendrait même favorable pour les établissements américains avec une baisse de -0,3 %, si l’on retient les chiffres de solvabilité. Et l’enjeu majeur pour les banques européennes est bien l’output floor (voir Revue Banque d’octobre 2019) qui réduit l’effet des modèles internes et dont l’impact est de +7,4 % alors qu’il est quasiment nul pour les américaines.

En Europe quel sera l’impact sur les SIFI ?

Les derniers chiffres de l’EBA confirment que les banques SIFI souffriront plus que les autres banques de Bâle IV. Elles verront leurs exigences minimum de fonds propres Tier 1 augmenter de 27,1 % contre 19,3 % pour l’ensemble des banques européennes, si l’on retient ici les chiffres tenant aussi compte de l’effet du ratio de levier.

Propos recueillis par Sophie Gauvent

L'auteur

  • Bilger
    • Responsable Régulation et Supervision
      Crédit Agricole SA
    • Ex-Membre
      Stakeholder Group de l’EBA
    • Vice-président
      Cercle de la régulation et de la supervision financière
    • Journaliste
      Revue Banque

Séminaires

Articles du(des) même(s) auteur(s)

Sur le même sujet