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Brexit

Les réorganisations sont en cours : l'exemple de Standard Chartered Bank France

Le 31/08/2018

Le Brexit sera-t-il une opportunité pour la succursale parisienne de Standard Chartered Bank, qui entend réaffirmer sa présence française ?

L’implantation parisienne a déjà renforcé ses équipes de 18 à près de 40 collaborateurs au cours des 4 dernières années, réparties dans des activités d’origination et de coverage des grands clients français, ainsi que dans sa salle de marchés qui intervient essentiellement sur des activités de forex, taux, commodities et placement des liquidités… Elle pourrait également bénéficier d’un certain nombre de transferts de collaborateurs londoniens ; aucun ordre de grandeur n’est encore mentionné à ce sujet, mais la préparation au Brexit est bel et bien engagée dans le groupe. « Au 1er avril 2019, il faut envisager un scénario dans lequel aucun accord ne serait trouvé entre la Grande Bretagne et l’Union européenne et dans ce cas le passeport européen ne sera plus opérationnel à partir de Londres, souligne Caroline Eber-Ittel, CEO de Standard Chartered Bank France. Quoiqu’il arrive, nous devons assurer une continuité de services à nos clients. »

Ainsi, une demande de licence est en cours pour transformer la succursale de Francfort en filiale ; les implantations parisienne, suédoise et irlandaise lui seront alors rattachées, plutôt qu’à la maison mère londonienne, pour pouvoir bénéficier du passeport européen. De même, la salle de marché parisienne, qui traitait jusqu’à présent avec Londres, traitera demain avec la filiale de Francfort. Ce nouveau rattachement comporte un enjeu juridique fort pour l’implantation parisienne et ses clients : « la majorité des contrats de prêts ou sur les marchés financiers avec nos clients français, sont en droit anglais et ont comme contrepartie notre maison mère de Londres ; demain, ces contrats devront être revus dans la mesure où leur contrepartie sera notre filiale allemande, de plus nous anticipons une demande forte de recours au droit français », explique Caroline Eber-Ittel. Outre la mise à jour juridique, les clients corporate vont également devoir intégrer dans leurs analyses des contreparties bancaires, le rating de la filiale allemande dont la demande est en cours.

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