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QE

La BCE dans le viseur de l’extrême droite allemande

En annonçant qu’elle va saisir la Cour de Karlsruhe, l’extrême droite allemande vise indirectement le quantitative easing (QE) mené par la BCE. Cette action en justice n’est pas une première. La BCE maintient son cap.

Le 22/06/2020
Sophie Gauvent

La Cour constitutionnelle allemande va de nouveau plancher sur la politique d’achats d’actifs menée par la BCE. Le parti d’extrême droite allemand, l’AfD, a annoncé selon Bloomberg qu’il allait saisir ce tribunal pour poursuivre le gouvernement fédéral allemand et le Bundestag qui n’ont pas empêché la BCE de mettre en œuvre son dernier programme, le PEPP [1], destiné à lutter contre la crise sanitaire. Cette annonce faite le 17 juin 2020 intervient peu de temps après que les juges de Karlsruhe ont rendu une décision – le 5 mai 2020 (voir Revue Banque n° 845) – stigmatisant un programme plus ancien, le PSPP [2].

Les tentatives d’ébranler la stratégie d’achats d’actifs de la BCE au travers de plaintes déposées auprès de la Cour de Karlsruhe sont récurrentes. Si ces initiatives sont loin d’être anodines politiquement, elles n’ont pas perturbé la stratégie de la banque centrale sur les marchés, du moins pour le moment. La BCE ne dévie pas de sa trajectoire. Elle a porté le 4 juin le montant du PEPP de 750 à 1 350 milliards d’euros et a prolongé ce programme jusqu’en juin 2021 au moins. Ses achats atteignent des montants records selon les estimations de Stéphane Déo, stratégiste au sein de la gestion de La Banque Postale Asset Management : « Les acquisitions de la BCE depuis le début de l’année devraient atteindre les 1 000 milliards d’euros avant la fin du mois d’octobre 2020 alors que, à la suite de la crise financière de 2008, le même montant n’a été atteint que 8 ans plus tard. »

S.G.

 

[1] Pandemic Emergency Purchase Programme.

[2] Public Sector Purchase Programme.

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