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Open banking : quand les écosystèmes s’ouvrent

Dossier réalisé par Séverine Leboucher

Introduction

Le jeu de Lego auquel est souvent assimilé le mouvement d’open banking a commencé : banques et FinTechs se mettent en ordre de marche pour se conformer à la DSP 2. Ces premières réalisations, autour des comptes de paiement, n’épuisent pourtant pas le sujet de la « banque ouverte » et de la « plateformisation » des services financiers. Il est encore bien difficile de savoir comment s’assembleront ces briques de Lego et à quoi ressemblera la construction finale.

L’open banking est un des axes majeurs de la transformation digitale du système bancaire. Mais qu’y a-t-il derrière l’idée d’« ouvrir la banque » ? Pour Philippe Hubert, directeur de la stratégie du système d’information des réseaux France du groupe Société Générale, « il s’agit d’aller au-delà de notre modèle traditionnel qui consiste à distribuer nos propres produits et services à nos propres clients via nos propres canaux ». Ce mouvement est directement lié à l’émergence de la FinTech, à l’explosion de la masse de données exploitables et à l’avènement de nouvelles normes d’expérience client.

L’un des premiers cas d’usage à avoir émergé est l’agrégation de comptes : au début des années 2010 sont apparus des acteurs proposant de réunir sur une seule et même application toutes les données de chaque espace de banque en ligne d’un client puis de les analyser pour qu’il puisse mieux gérer son budget. Cette activité nouvelle n’était encadrée par aucun texte jusqu’à ce que l’Union européenne ne se saisisse du sujet à l’occasion de la révision de la Directive sur les services de paiement (DSP 2). Les règles européennes instituent donc, depuis janvier 2018 [1], que les banques doivent permettre l’accès aux données des comptes de paiement à des tiers agréés par une autorité compétente et mandatés par les clients. Et ce de manière gratuite et sans élaborer de contrat avec le tiers. Des standards réglementaires techniques sont venus compléter la directive et entreront en vigueur en septembre 2019. L’heure est donc à la mise en place opérationnelle de cet acte I de l’open banking : l’ouverture des interfaces informatiques (ou API [2]) d’accès aux comptes. Banques teneuses de comptes, tiers agrégateurs et autorités dialoguent pour que cette ouverture se fasse en toute sécurité sans pénaliser la fluidité du service.

Favoriser la circulation des données bancaires, dans le contexte du RGPD, est une première étape dans l’ouverture de l’écosystème des services financiers : l’objectif des acteurs – banques comme FinTechs – est désormais de construire des services à valeur ajoutée et de nouveaux business models sur ce socle technologique. Les axes de travail sont multiples. Les étudiants du Master 224 de l’université Paris Dauphine, accompagnés par Vertuo Conseil, se sont penchés sur ces sujets et nous publions la synthèse de leurs recherches. La « plateformisation » des services financiers – concept emprunté aux géants du web – est bel et bien en route.

 

Dossier réalisé par Séverine Leboucher

[1] La Directive a été transposée en France par l’ordonnance n° 2017-1252 du 9 août 2017. La loi de ratification de cette ordonnance est néanmoins toujours en discussion au Parlement : il doit être discuté en 2e lecture à l’Assemblée nationale le 28 juin.

[2] Application programming interface.

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