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Big Data

De la maîtrise à l'utilisation des données

Dossier réalisé par Géraldine Dauvergne

Introduction

Les institutions financières européennes se savent assises sur un tas d'or : voilà des décennies qu'elles amassent des données… dont elles peinent encore à optimiser l'exploitation, comme le font les FinTechs. Comment collecter, ordonner, et exploiter la data via les outils d'intelligence artificielle ? Comment se prémunir des piratages et conserver la confiance des clients dans un environnement aussi ouvert ? Les évolutions réglementaires pourraient précipiter, éventuellement à marche forcée, les établissements bancaires dans l'ère du Big Data.

Le 14 septembre 2019, la DSP 2 (directive européenne sur les services de paiement 2e version) imposera aux banques de laisser les prestataires de services tiers accéder aux données des comptes, via des interfaces dédiées et sécurisées : les API. Redoutée par les banques en raison du risque de désintermédiation qu’elle génère, cette échéance réglementaire pourrait pourtant être pour elles une véritable opportunité.

Thierry Bedoin, Chief Digital Officer à la Banque de France, assure ainsi que les API, au-delà de la seule mise en conformité, peuvent favoriser l’innovation, le développement de services digitaux à valeur ajoutée, l’agilité de l’organisation interne ainsi que la coopération et l’émulation entre les différents acteurs.

Mastercard a de son côté lancé sa plate-forme paneuropéenne, incluant un service de résolution des litiges, et un hub de connectivité entre les tiers de confiance et les banques, via un seul jeu d’API, expose Arnaud Grauzam, Senior Vice-President de Mastercard Advisors en Europe de l’Ouest, branche data & services.

Seul et unique carburant dans le secteur de l’assurance, la donnée bien exploitée a tout pour devenir une arme de conquête majeure, prédit Vincent Daffourd, vice-président communication et marketing chez Apidata.

Composante de l’intelligence artificielle, le machine learning est un outil qui, une fois maîtrisé, se révèle parfaitement adapté à la valorisation des données bancaires, démontre Axel Augey, Product Marketing Manager chez Saagie. Ses applications vont de la détection des fraudes à l’automatisation de certains processus métiers, en passant par le repérage des clients susceptibles de présenter un risque de solvabilité ou de partir à la concurrence.

Les perspectives qui s’offrent aux institutions financières pourraient même aller bien au-delà de l’immense patrimoine de données qu’elles possèdent en propre. Faut-il embrasser également les données externes ? Comment les collecter ? Comment créer de nouveaux cas d’usage business ? Antoine Isnardy, Olivier Wautier et Issam Ibnouhsein, chez Quantmetry, apportent à ces questions des réponses fournies.

Le cloud n’inspire plus beaucoup de craintes aux établissements bancaires européens, qui ont bel et bien amorcé la migration de leurs données vers nombre de serveurs distants. C’est un paradoxe, car c’est pourtant ici que la prudence s’impose, prévient Guillaume Garbey, directeur France de Varonis. La stratégie de migration, le respect des réglementations internationales, la gestion des données non structurées et des droits d’accès, sont autant de domaines qui devront demain être mieux encadrés.

Dans un contexte très internationalisé, le cadre réglementaire du transfert des données se pose de manière systématique, analyse pour sa part Fabrice Naftalski, Avocat Associé chez EY. Les banques ont engagé une réflexion d’ensemble sur les outils les plus appropriés pour harmoniser le niveau de protection des données de leurs entités, quelle que soit leur localisation. Mais la pertinence de ces codes de conduite et certifications reste difficile à évaluer.

Dossier réalisé par Géraldine Dauvergne