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Bonus

Le "Diamond" qui fait déborder le vase

Le 02/05/2012

Un rapport d’étape de l’EBA portant sur la mise en application des principes du CEBS en matière de rémunérations est paru le 11 avril dernier [1]. Il a salué les efforts accomplis par les différentes autorités et institutions ayant participé à l’enquête [2], notamment en matière de gouvernance, avec la mise en place de comités de rémunération et la publication des politiques de rémunération : « La diffusion effective permet au marché de prendre conscience de la question des rémunérations. Dans le même temps, cela accroît le suivi, par les marchés et les régulateurs, de la relation entre le salaire, la prise de risque et la performance, et peut faciliter l’émergence de bonnes pratiques, répondant aussi bien aux problématiques de stabilité financière qu’au besoin des institutions de mettre en place des systèmes de rémunération compétitifs. »

Le cas du banquier Robert « Bob » Diamond, patron de Barclays, et plus récemment, la bronca des actionnaires de Citi, témoigne de la justesse de l’analyse de l’EBA. En effet, la publication des résultats de Barclays, voici quelques semaines, détaillant la rémunération de son dirigeant, a provoqué un grand émoi au sein des actionnaires et de l’opinion. Sa rémunération au titre de 2011, d’un montant global de 17,7 millions de livres, inclut une compensation fiscale de près de 6 millions de livres. En effet, Bob Diamond ayant quitté les États-Unis pour s’installer au Royaume-Uni en 2010, cette somme est destinée à compenser la différence d’imposition entre les deux pays et la perte de revenus qu’elle engendre pour le banquier. En outre, tandis que les résultats de la banque ont chuté de 16 %, le bonus de Mr Diamond, bien que divisé par deux selon la banque, reste à un niveau confortable (environ 2,75 millions de livres).

De fait, l’activisme des actionnaires de la banque a fait son œuvre. Aux dernières nouvelles, la rémunération de Bob Diamond pourrait être réduite d’environ 75 %.

A. M.

[1] Survey on the implementation of the CEBS Guidelines on Remuneration Policies and Practices, avril 2012.

[2] 21 autorités de supervision, ainsi qu’un ensemble d’établissements représentatifs dans chaque État membre.

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