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Banque en ligne : un recrutement en mutation

Les profils commerciaux sans formation préalable aux techniques bancaires ont la cote auprès des recruteurs des établissements en ligne, à la recherche de flexibilité.

Le 25/04/2018
Hélène Frasca

Touchées de plein fouet par la transformation digitale, les banques traditionnelles ont dû repenser leur modèle pour proposer un service plus adapté aux attentes d’une clientèle qui n’a plus le temps de se déplacer en agence. Elles ont compris qu’en dématérialisant leurs offres, elles gagneraient en compétitivité et pour favoriser cette transformation, certaines vont même jusqu’à racheter des FinTechs. En l’espace d’une décennie, nous avons ainsi assisté à l’éclosion de banques en ligne telles que Boursorama, ING direct ou BforBank. D’autres entreprises indépendantes, couramment appelées les « néobanques », pourtant non spécialistes du secteur, telles qu’Orange, N26 et Revolut, viennent par ailleurs concurrencer ces banques en ligne. Le dynamisme du marché est d’autant plus significatif qu’il est encouragé, depuis février 2017, par la loi Macron sur la mobilité bancaire qui permet aux clients de changer plus facilement de domiciliation bancaire.

Des profils plus commerciaux

Cette digitalisation du secteur a impacté les besoins en recrutement. Auparavant centrée sur des techniciens bancaires issus d’une licence ou d’un Bac+2, la demande se diversifie au sein des banques en ligne, en s’orientant de plus en plus vers des candidats issus de cursus commerciaux (BTS MUC [1], par exemple) sans compétences techniques sur les produits. Pour assurer l’attractivité de ces nouvelles offres, les banques s’entourent de vendeurs – appelés téléconseillers ou conseillers en ligne –, dont la demande auprès des consultants en recrutement de Walters People a connu une hausse de 20 % en 2017.

À ce tempérament commercial requis pour ces nouveaux profils s’ajoutent deux autres compétences fondamentales : un très bon niveau de discours ainsi qu’une grande maîtrise… de l’orthographe. À la différence d’un conseiller d’agence traditionnel habitué aux face-à-face, les conseillers en ligne sont en effet souvent amenés à échanger par écrit (e-mails, live chat). L’exigence est telle que l’entretien d’embauche comprend un exercice de dictée. Si le niveau est jugé bon, les candidats intègrent la banque en ligne qui leur dispense une formation spécifique d’un ou deux mois sur les produits bancaires à vendre.

Mobilité et flexibilité

Au terme de cette sélection, les téléconseillers intègrent des missions qui peuvent durer entre 4 et 6 mois et se transformer, pour certaines, en CDI. Avec un salaire initial moyen de 23 à 26k€ annuel [2], la carrière d’un conseiller en ligne entré sans bagage technique dans un groupe bancaire connaît par ailleurs des évolutions intéressantes. Après quelques mois, sa direction peut lui confier un rôle de superviseur d’équipe où il aura l’opportunité d’exercer des fonctions managériales, ou une évolution, s’il le souhaite, vers des postes d’encadrement plus transverses liés au back et middle office au sein du groupe bancaire.

Dans ce contexte où les lancements d’offres se multiplient, les entreprises ont de plus en plus souvent recours aux contrats de travail temporaires. L’intérim leur permet à la fois d’ouvrir les recrutements sur des profils juniors qu’ils prennent le temps de former à leur image pour capitaliser sur leur intégration à long terme. Du côté des candidats aux cursus plus commerciaux que techniques, le travail temporaire est une porte d’entrée privilégiée au sein de grands groupes du secteur bancaire et une opportunité de connaître une carrière avec de réelles perspectives.

 

[1] Management des Unités Commerciales

[2] Source : étude de rémunération 2017-2018, Walters People.

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