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L’épargne salariale résiste face aux critiques

Dossier réalisé par Sophie Gauvent

Introduction

Les fonds d’épargne salariale seraient moins performants que les véhicules traditionnels; de plus, les épargnants salariés ne seraient pas suffisamment protégés. Face à ces critiques, les acteurs de l’épargne salariale répondent : ils justifient les écarts de performances, notent qu’ils ne sont pas toujours en la défaveur de l’épargne salariale, loin de là, et énumèrent les systèmes de protection et les outils d’accompagnement dont bénéficient les épargnants salariés.

Le nombre d’entreprises équipées d’un dispositif d’épargne salariale [1] ne cesse de croître, d’après les chiffres de l’AFG (Association française de gestion financière). Mais derrière la multiplication des PEE et autres PERCO se cachent plusieurs menaces.

Des voix s’élèvent pour dénoncer l’absence de conseil en matière d’épargne salariale. En effet, ces investissements échappant au champ d’application de la directive MIF, les prestataires ne sont pas obligés de connaître le profil des épargnants salariés, ni de leur délivrer un conseil adapté. Un même individu serait donc moins bien protégé en investissant via un dispositif proposé par son entreprise qu’en s’adressant à une agence bancaire. La consultante Manuèle Pennera et l’avocat Sylvestre Tandeau de Marsac relèvent cette dissymétrie.

Toutefois, les prestataires d’épargne salariale peuvent décider de se placer volontairement dans le champ d’application de la MIF. C’est ce qu’a fait Générali Épargne Salariale par le passé : la filiale de l’assureur avait décidé de délivrer du conseil aux épargnants salariés dès 2001 et d’appliquer MIF quand elle est entrée en vigueur, fin 2007. Mais l’expérience a tourné court… Amundi, qui a repris depuis peu les encours de ce prestataire, explique : « À notre connaissance, les dirigeants de Générali sont eux-mêmes arrivés à la conclusion que cette activité de conseil n’avait pas trouvé son public. »

Pour un prestataire qui souhaite délivrer du conseil, le principal handicap est le renchérissement du prix de son offre. En effet, le conseil a un coût et rares sont les entreprises ou les salariés qui acceptent de passer à la caisse. De plus, selon Natixis Interépargne et Amundi, les épargnants salariés bénéficient d’ores et déjà de nombreux appuis : surveillance paritaire des fonds, mise à disposition d'outils permettant d’effectuer des choix d’investissement en toute connaissance de cause, etc.

L’autre reproche formulé porte sur les performances des fonds d’épargne salariale, qui serait moins bonne que celle des véhicules traditionnels (voir l’article de Winter & Associé-Groupe Optimind). Pour en avoir le cœur net, Banque & Stratégie a demandé à Europerformance d’établir une comparaison. À y regarder de plus près, le résultat est parfois à l’avantage de l’épargne salariale ; c’est le cas en gestion diversifiée.

Et lorsque, à l’inverse, les FCPE (Fonds communs de placement d’entreprise) sont à la traîne, la prudence et l’horizon de long terme sont mis en avant par les gérants pour justifier le résultat.

Dossier réalisé par Sophie Gauvent

[1] L’épargne salariale est alimentée par l’intéressement, la participation et des abondements éventuellement versés par l’employeur et par des versements volontaires du salarié. Le premier dispositif dont s’équipent les entreprises est le PEE (Plan d’épargne entreprise) qui est bloqué 5 ans (sauf cas particuliers listés). Elles peuvent aussi proposer un PERCO (Plan d’épargne pour la retraite collectif) aux salariés qui souhaitent investir en vue de leurs vieux jours. À l’intérieur des deux dispositifs, les salariés peuvent choisir parmi différents fonds d’investissement.

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