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Infrastructures en Afrique

Combler le gap de financement

Dossier réalisé par Laure Bergala

Introduction

Le continent africain est très insuffisamment doté d’infrastructures sociales et économiques, et manque de financements dédiés à ces infrastructures. Les sources de ce financement évoluent et une plus grande mobilisation du secteur privé pourrait participer à combler ce déficit.

Évoquer les infrastructures en Afrique, c’est rappeler en premier lieu leur déficit flagrant, qui fait que l’accès à certains services essentiels fait défaut à une part importante de la population du continent. 640 millions de personnes vivent sans électricité en Afrique subsaharienne selon la Banque Mondiale (BM). Environ 340 millions d’habitants n’y ont pas accès à l’eau potable. Or la population africaine augmente et s’urbanise. Les Africains seront deux fois plus nombreux en 2050 qu’aujourd’hui et 1,3 million d’entre eux vivra dans les villes, selon l’ONU. Le continent manque d’infrastructures énergétiques, de transport, d'eau, de santé, d’éducation… Ce déficit a des effets sociaux et un impact économique importants. La capacité énergétique insuffisante est un frein au développement. L’Afrique perd 2 à 4 points de croissance par an en raison de la pénurie d’électricité d’après la BM.

Les infrastructures souffrent de financements très insuffisants sur le continent. Les besoins sont chiffrés de 130 à 170 milliards de dollars par an par la Banque africaine de développement (BAD), avec un manque de 53 à 93 milliards par an. Des secteurs comme l’eau et l’assainissement souffrent le plus de faible investissement. D'autres comme l’électricité, les TIC ou certains segments des transports comme les ports et aéroports, qui peuvent dégager une rentabilité économique, trouvent davantage de financement.

Ces financements ont pourtant augmenté dernièrement. Selon le dernier rapport annuel du Consortium pour les infrastructures en Afrique (ICA) sorti fin 2019 et qui fait autorité, les sommes investies ont dépassé pour la première fois les 100 milliards d’euros en 2018, en hausse de 24 % sur un an.

Les sources de ces financements évoluent. La part apportée par les États africains domine toujours (37,5 milliards de dollars en 2018). Les bailleurs internationaux sont des financeurs historiques en Afrique, des infrastructures en particulier. En France, l’Agence française de développement (AFD) consacre la moitié de ses engagements à l’Afrique et a financé les infrastructures sur le continent à hauteur de 1,7 milliard d’euros en 2019. Rima le Coguic, directrice du département Afrique, détaille le rôle de l’agence et le resitue dans l’environnement global. La Chine est devenue en 2018 le second financeur des infrastructures en Afrique après les États souverains (25,7 milliards de dollars, 26 % du total). Estelle Brack (KiraliT) présente la singularité chinoise et son évolution.

Parties prenantes et experts s’accordent pour considérer qu’accroître l’investissement dans les infrastructures en Afrique passera nécessairement par davantage de participation du financement privé (11,8 milliards en 2018), alors que les budgets des États sont insuffisants et plus contraints encore depuis la crise de la Covid-19 dont les conséquences sont à ce jour davantage économiques que sanitaires sur le continent. Partenariats publics privés (PPP) et financements mixtes ont émergé, mais de nombreux freins rendent difficile la mobilisation de capitaux privés, africains notamment. Trois spécialistes du sujet, Cédric Mbeng Mezui (FinanceAfrika), Safiétou Diallo (Senelec) et Thierry Déau (Meridiam), présentent chacun leur analyse de la façon dont le secteur privé pourrait participer davantage au financement des infrastructures en Afrique.

Parmi les banques internationales, Société Générale est la banque française qui développe une stratégie en Afrique où elle participe notamment au financement des infrastructures en mobilisant à la fois un réseau sur place et les équipes financement export. Yann de Nanteuil et Philippe Le Roch décrivent les modes d’intervention du groupe.

Des difficultés pourraient être dépassées pour financer davantage le développement d’infrastructures parfois vitales pour la population et pour l’économie en Afrique, malgré les incertitudes créées par l’épidémie de Covid-19 et ses graves conséquences.

Dossier réalisé par Laure Bergala

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