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Unicredit en quête d'argent frais

À l’image d’un secteur italien en difficulté, la première banque transalpine est contrainte de lancer un vaste plan stratégique et financier pour améliorer ses ratios de solvabilité.

Le 28/09/2016
Georges Pujals

Unicredit suscite des inquiétudes sur sa solidité financière en raison d’un ratio de fonds propres durs (CET1) qui s’est fortement dégradé au cours des derniers mois. La fragilité de la première banque italienne est à l’image d’un secteur fébrile, miné par le poids de plus de 80 milliards d’euros nets de créances douteuses dans les bilans des différents établissements bancaires de la Botte.

Unicredit envisagerait une recapitalisation de l’ordre de 5 à 10 milliards d’euros. Afin de limiter l’ampleur de l’augmentation de capital inéluctable à réaliser, ses dirigeants explorent en parallèle plusieurs pistes de cessions d’actifs. Suite à l’arrivée de son nouveau patron, le français Jean-Pierre Mustier, la banque italienne a déjà vendu cet été des participations minoritaires dans deux de ses filiales à l’étranger. D’une part, 10 % de sa banque en ligne Finecobank pour 328 millions d’euros. D’autre part, 10 % de Pekao, perdant ainsi le contrôle de sa filiale polonaise en tombant à 40,1 % de son capital. Cette vente a rapporté 749 millions d’euros.

Même si l’avenir est encore loin d’être écrit, de nouvelles cessions semblent se dessiner. Tout d’abord, Unicredit pourrait céder prochainement les 55,4 % restants dans le capital de Finecobank. Banca Generali a déjà engagé des négociations en vue de racheter la participation de contrôle dans la banque et société de courtage en ligne italienne. En outre, Unicredit négocierait sa sortie du marché polonais en cédant l’intégralité du capital de sa filiale Pekao au premier assureur de Pologne, PZU. Toujours à l’international, des spéculations laissent également entendre une vente de sa participation dans la banque turque Yapi Kredi.

Enfin, la première banque italienne a décidé d’accélérer la vente de sa filiale de gestion d’actifs, Pioneer Investments. Au-delà de l’arrivée d’un nouvel administrateur délégué, c’est surtout le Brexit qui aura définitivement mis un terme au projet de fusion conclu le 23 avril 2015 entre Pioneer et Santander Asset Management, dont le siège se trouve à Londres. Les rumeurs d’un échec du rapprochement entre les deux gestionnaires d’actifs européens allaient bon train depuis plusieurs mois. Le processus de cession de Pioneer Investments est donc ainsi relancé. À la fin septembre, Unicredit a donné l’accord à quatre candidats pour accéder aux comptes de sa filiale de gestion d’actifs. Parmi eux, trois candidats font figurent de favoris : le français et premier gérant d’actifs européen Amundi, le numéro un de l’assurance en Italie Generali et un consortium emmené par la Poste italienne. Le quatrième candidat pourrait être le numéro un français de l’assurance, Axa. Un temps citée, sa compatriote Intesa Sanpaolo ne ferait pas partie des prétendants. Les offres fermes sont attendues d’ici la fin octobre dans l’optique d’une vente avant la fin de l’année 2016. À suivre !

Achevé de rédiger le 26 septembre 2016.

L'auteur

  • Pujals
    • Chargé d'études
      Bureau Van Dijk
    • Chargé de cours
      Université Paris-Descartes

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