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SG renforce son emprise sur Boursorama

Société Générale a annoncé son intention de racheter les parts des actionnaires minoritaires de sa filiale Boursorama. Il s’agit de renforcer sa présence sur le marché très porteur des services bancaires à distance.

Le 25/04/2014
Georges Pujals

Dans un marché mondial des fusions-acquisitions bancaires qui tourne au ralenti, on notera l’activisme de la Société Générale sur le segment de la banque en ligne en France. Après une série de cessions en Égypte et en Asie, la banque française repart à l’offensive (encadré 1).

Le 18 mars dernier, elle a annoncé vouloir se renforcer au capital de sa filiale Boursorama, dont elle détient déjà 55,5 %. À cet effet, elle va prochainement lancer une offre publique d’achat (OPA) simplifiée sur les 23,8 % d’actions non encore détenues (dont 20,7 % de flottant). En revanche, elle a également précisé que cette offre ne visait pas les 20,7 % détenus par son homologue catalan, CaixaBank, avec lequel elle vient de signer un nouveau pacte d’actionnaires. En effet, les deux partenaires souhaitent renforcer leur coopération dans la banque en ligne en France et en Europe. Pour rappel, le précédent pacte entre les deux actionnaires datait de 2006.

Le prix proposé est de 12 euros par action Boursorama, soit une prime offerte d’environ 22 % par rapport au dernier cours de clôture (9,83 euros). L’offre valorise ainsi la cible autour de 1 milliard d’euros. L’OPA devrait être ouverte dans le courant du mois de mai 2014 et sera suivie d’une procédure de retrait obligatoire des actions Boursorama si le seuil de détention de 95 % devait être franchi par les membres du pacte. Au final, il faut bien reconnaître que l’intérêt de la cotation s’était révélé limité pour Boursorama. En effet, la banque en ligne ne faisait pas appel au marché et se voyait contrainte de communiquer des informations financières détaillées, une obligation à laquelle échappent ses principales concurrentes.

Cette opération s’inscrit dans la volonté de la Société Générale de passer à la vitesse supérieure sur le marché en pleine croissance de la banque en ligne. En effet, cette offre sur sa filiale Boursorama intervient alors que les canaux à distance montent en puissance face aux réseaux bancaires physiques. En Europe, de nombreux établissements bancaires se sont efforcés de développer leurs activités sur Internet pour contrer la concurrence des banques en ligne et compenser la baisse de fréquentation des agences bancaires traditionnelles. En juin dernier, BNP Paribas a ainsi lancé en France son offre de banque 100 % numérique dénommée « Hello Bank » qui compte 13 000 clients. Avec un total d’environ 900 000 clients, ING Direct est le leader du marché dans l’Hexagone. Figurant parmi les pionnières de la banque en ligne, la banque et société de courtage en ligne Boursorama quittera la cote après l'OPA de la Société Générale.

Boursorama revendiquait 505 963 clients, dont 347 585 dotés d’un compte courant à la fin 2013. Présente dans quatre pays d’Europe (France, Royaume-Uni, Allemagne et Espagne), elle offre des services de banque en ligne, de courtage en ligne ainsi que de l’information financière sur Internet (encadré 2). En 2013, Boursorama a publié des comptes contrastés avec un PNB en hausse de 3 % à 207,8 millions d’euros et une perte de 36 millions d’euros, principalement liée aux dépréciations enregistrées sur ses filiales allemande (Selftrade) et britannique (OnVista Bank). Au contraire, l’activité en Espagne et surtout en France se porte bien. Fin 2013, sa filiale française enregistrait une progression de 49 % du nombre de compte à vue ouverts par rapport à l’an dernier. L’objectif est d’atteindre les 600 000 clients d'ici à la fin 2014. Une dynamique que sa maison mère souhaite aujourd’hui pleinement s’approprier.

L'auteur

  • Pujals
    • Chargé d'études
      Bureau Van Dijk
    • Economiste bancaire
      CEPN
    • Chargé de cours
      Université Paris Descartes

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