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L’actualité des M & A bancaires

Le private equity n'a plus la cote

En raison de perspectives réglementaires peu favorables, les établissements financiers mondiaux se désengagent les uns après les autres du capital-investissement.

Le 25/10/2011
Georges Pujals

Au cours des dernières semaines, plusieurs grands établissements bancaires occidentaux sont sortis de l’activité de capital-investissement (private equity), qui consiste à investir dans le capital de sociétés non cotées. Dernier exemple en date, la banque régionale allemande HSH Nordbank qui a cédé un portefeuille d’une valeur de 620 millions d’euros à un consortium formé autour du français Axa Private Equity et du suisse LGT Capital Partners (voir Encadré 1). Quelques mois plus tôt, Barclays, Natixis, Lloyds Banking Group, RBS, Citigroup ou encore Bank of America avaient déjà fait de même. Ces différentes transactions ont alimenté ce que l’on appelle le « marché secondaire » du private equity.

Cette tendance de fond est d’abord soutenue par l’évolution en cours de la réglementation relative aux fonds propres. Outre-Atlantique, la mise en œuvre de la Volcker Rule du Dodd-Frank Act impose aux banques américaines de ne pas investir plus de 3 % de leur ratio Tier-1 dans le capital-investissement. Or, la plupart affichaient jusqu’à la période récente des chiffres supérieurs à 8 %. Sur le plan international, les normes Bâle III et Solvabilité 2 poussent également les groupes financiers à limiter leur activité dans le non-coté, compte tenu des fonds propres importants qu’elle exige. De plus, les puissantes logiques de recentrage métiers actuellement à l’œuvre dans le secteur bancaire mondial jouent aussi un rôle important.

Le mouvement devrait se poursuivre [1], comme en témoignent les cessions de tout premier plan prochainement attendues. Le Crédit Agricole serait ainsi sur le point de céder sa filiale Crédit Agricole Private Equity (CAPE). Début 2011, la banque verte avait déjà vendu deux fonds de fonds au britannique Coller Capital, pour plus de 500 millions d’euros. Fin septembre, c’était au tour de l’assureur Axa d’annoncer la vente d’Axa Private Equity. Plus grand fonds de capital-investissement français avec un portefeuille constitué de 164 participations, Axa PE gère un total de 28 milliards d’euros d’actifs dans le monde et couvre l’ensemble des métiers du private equity (capital-risque et développement, LBO, fonds de fonds, mezzanine…). Autant d’atouts qui ne manqueront pas de susciter la convoitise.

Achevé de rédiger le 10 octobre 2011.

[1] Une étude récente du cabinet Preqin a identifié pas moins de 136 sociétés de capital-investissement appartenant à 39 banques dans le monde, soit une valeur totale comprise entre 40 et 50 milliards de dollars.

L'auteur

  • Pujals
    • Chargé d'études
      Bureau Van Dijk
    • Economiste bancaire
      CEPN
    • Chargé de cours
      Université Paris Descartes

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