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Épargne collective

Les indépendants sont moteurs dans la collecte en gestion collective

L’année ​2013 ne restera pas dans les annales de la gestion collective. Mais les résultats du premier trimestre 2014 renouent avec des collectes positives. Certes, le mouvement n’est pas très important et demande à être confirmé, mais avec 4,5 milliards d'euros de souscriptions nettes, le premier trimestre 2014 s’inscrit en hausse de 45 % par rapport à 2013.

Le 28/04/2014
Frédéric Picard

Les obligations dominent les fonds d’actions

Les flux de trésorerie sont légèrement en baisse avec 3,5 milliards d’euros (contre 3,9 en 2013). Les fonds d’obligations et les produits de performance absolue enregistrent des collectes significatives avec respectivement 2,6 et 0,8 milliards d’euros. Les fonds d’actions recueillent également de l’ordre de 0,8 milliard d’euros. En ce début d’année, la configuration de la collecte est très contrastée par rapport au premier trimestre 2013. Les fonds d’obligations, qui avaient subi une assez forte décollecte en 2013, retrouvent, en ce début d’année, de l’intérêt pour les investisseurs. Il semble que les discours rassurants des banquiers centraux sur la politique monétaire repoussent le spectre d’une remontée des taux rapide et à brève échéance. La conséquence est une légère désaffection pour les actions qui réalisent une collecte positive mais inférieure de 27 % à celle du premier trimestre 2013.

Les réseaux de plus en plus concentrés sur les investisseurs institutionnels

À l’inverse, les rachats nets se poursuivent sur les fonds à formules et garantis. Plus fort au premier trimestre 2014, le mouvement s’explique par un nombre de créations inférieur à celui des sorties de fonds arrivant à leur terme ou rappelés. Plus intéressant : l’importance des rachats sur les fonds diversifiés à hauteur de 2 milliards d'euros sur ce premier trimestre. Pourquoi ces produits, qui s’avèrent destinés plus à une clientèle « retail » et largement proposés en tant qu’unité de compte dans les contrats d’assurance vie, sont boudés par les investisseurs aujourd’hui ? Ce mouvement touche tous les promoteurs : assureurs, banquiers ou indépendants, pour des raisons différentes. La baisse des encours et les rachats sur ce type de produits dans les réseaux bancaires et d’assurances ne sont pas nouveaux : ils s’inscrivent dans une stratégie de désengagement du retail. Les efforts commerciaux des sociétés de gestion filialisées se concentrent sur la clientèle institutionnelle. Ce qui est nouveau, c’est le recul de ce type de produits chez les indépendants. L’explication principale est la décollecte d’une société de gestion. Tout en étant significative pour le marché, elle ne représente qu’une part minime de l’encours de la société Carmignac Gestion. Sa position dominante sur ce marché explique les très fortes amplitudes, tant à la hausse qu’à la baisse.

Les indépendants progressent

Sur le premier trimestre, les indépendants sont à l’initiative de 55 % de la collecte pour seulement 43 % pour les réseaux bancaires et de 2 % pour les assureurs. Les réseaux réalisent leur chiffre sur les fonds d’obligations et les assureurs couvrent la décollecte sur toutes les classes d’actifs par les souscriptions sur les fonds de trésorerie. La part des réseaux dans l’encours global continue de baisser et celle des indépendants de monter pour dépasser les 22 % de l’encours total, part qui atteint le tiers du marché si l’on exclut les fonds de trésorerie. On notera également que les indépendants sont très présents sur le segment obligataire, avec en particulier les fonds d’obligations corporate, avec plus d’1 milliard d'euros de collecte sur le premier trimestre.

Si les marchés ont retrouvé sur toutes les classes d’actifs, les niveaux de performance d’avant la crise de 2008, la gestion collective est encore loin de retrouver les niveaux de collecte de 60 milliards d’euros de 2005, ou encore les 46,5 milliards d’euros que la gestion collective italienne a réalisés en 2013.

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