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Les fonds américains à l'offensive en Europe

Alors que les banques européennes sont focalisées sur la réduction de leur bilan, les fonds d'investissement en profitent pour se développer. Ils ont montré un appétit tout particulier pour l'immobilier espagnol.

Le 22/10/2013
Georges Pujals

En cette période de rentrée, le processus de deleveraging sur le Vieux Continent a surtout profité aux fonds d'investissement. Au-delà du rachat de 314 agences appartenant au britannique RBS et de la reprise de la filiale allemande de KBC, c'est surtout la ruée des fonds anglo-saxons sur les actifs espagnols retient l'attention (voir Encadré 1).

Tout d'abord, Apollo Global Management a annoncé le rachat d'EVO Banco pour 60 millions d'euros. Filiale de la banque espagnole NCG Banco, il s'agit d'un acteur domestique de petite taille qui possède 1,6 milliard d'euros de dépôts, 702 millions d'euros de crédits, 80 agences et près de 250 000 clients. On notera que cette opération est la première acquisition d'une banque ibérique par des fonds d'investissement étrangers depuis le début de la crise.

Quant aux autres transactions, elles ont concerné des actifs immobiliers. En effet, deux des principaux établissements bancaires espagnols ont cédé leur filiale de gestion immobilière. D'une part, le fonds TPG a racheté à La Caixa, pour 185 millions d'euros, 51 % du capital de Servihabitat Gestion Inmobiliaria. Trois semaines plus tôt, son homologue Bankia annonçait la cession de son pôle immobilier à Cerberus, pour un montant de 90 millions d'euros.

En août dernier, c'était au tour de la catalane Catalunya Caixa de conclure la vente pour 45 millions d'euros de sa branche immobilière, CatalunyaCaixa Inmobiliaria (CXI), aux fonds Kennedy-Wilson et Värde Partners. À la même époque, la bad bank espagnole a également vendu son premier lot d'actifs immobiliers, d'une valeur de 100 millions d'euros, au fonds HIG Capital (Project Bull). Pour rappel, la Sareb [1] a été créée en 2012 afin de céder le portefeuille de prêts et d'actifs immobiliers à risques transférés par les banques ayant reçu des aides du gouvernement. Au total, elle a récupéré environ 50 milliards d'euros qu'elle cherche à céder au plus vite.

L'État espagnol n'est pas en reste. Il a récemment publié une liste de 15 135 biens publics, soit environ 27 % de son patrimoine immobilier, qu'il compte vendre avant 2015. Immeubles, bureaux, hôtels particuliers, petits palais et terrains devraient ainsi passer prochainement aux mains d'investisseurs privés. Des collectivités locales telles que la communauté autonome de Catalogne ou encore la ville de Madrid ont également alimenté le mouvement au cours des dernières semaines [2]. L'attrait des investisseurs internationaux pour le marché de l'immobilier espagnol ne fait probablement que commencer…

 

[1] Sociedad de gestion de activos procedentes de la reestructuracion bancaria.

[2] La Catalogne, l'une des régions les plus endettées d'Espagne, a récemment vendu à Axa Real Estate 13 immeubles emblématiques situés au centre-ville de Barcelone pour 172 millions d'euros. Fin juillet, le fonds américain Blackstone a racheté 18 lots d'habitations à loyers réglementés à la municipalité de Madrid, pour 125,5 millions d'euros.

L'auteur

  • Pujals
    • Chargé d'études
      Bureau Van Dijk
    • Economiste bancaire
      CEPN
    • Chargé de cours
      Université Paris Descartes

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