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Change & Taux

Les défis de la gestion des réserves de change des banques centrales

Le 26/02/2016
Marie Brière

Les réserves de change des banques centrales sont cruciales et servent plusieurs objectifs : stabiliser la devise du pays, permettre des opérations de change, mais également faciliter les échanges internationaux, maintenir la confiance dans la capacité du pays à rembourser sa dette, etc. La liquidité et la sécurité de ces réserves sont donc cruciales, et expliquent qu’elles soient majoritairement investies en actifs sûrs.

Selon le FMI, la part du dollar dans les réserves de change des banques centrales est aujourd’hui de 63 %, et au sein de cette allocation figurent en bonne place les bons du Trésor américains. Cette stratégie s’est avérée très profitable ces 30 dernières années, du fait du déclin des taux d’intérêt aux États-Unis. Mais aujourd’hui, dans un contexte de potentielle remontée des taux d’intérêt, ces placements risquent de subir des pertes importantes. Par ailleurs, les banques centrales sont de plus en plus préoccupées par la rentabilité de leurs réserves. Ces dernières années, elles ont dans cette optique graduellement diversifié leurs allocations, que ce soit en devises, mais également vers des actifs plus risqués, comme les obligations d’entreprises ou même les actions [1] (Wooldridge, 2006 ; Borio et al., 2008).

Le contexte actuel est donc particulièrement challengeant pour la gestion des réserves de change. Quelle est la meilleure stratégie de placement ? Dans un récent article [2], nous comparons plusieurs stratégies de diversification des réserves de change selon différents environnements économiques, et notamment dans les périodes de remontée des taux d’intérêt. Nous montrons qu’une réduction des risques peut être obtenue par simple diversification des devises. L’amélioration de la rentabilité est plus difficile à atteindre, et requiert d’introduire des actifs plus risqués, comme les obligations à haut rendement, les actions, ou encore des devises comme le yen, la livre sterling, le dollar australien ou canadien, devises qui ont eu tendance à surperformer l’euro et le dollar en période de remontée de taux.

 

[1] Voir Wooldridge P.D. (2006), « The Changing Composition of Official Reserves », BIS Quarterly Review, September, 25-38 ; Borio C., Galati G. and Health A. (2008), « FX Reserve Management: Trends and Challenges », BIS Papers n° 40.

[2] Brière M., Mignon V., Oosterlinck K. et Szafarz A. (2016), « Towards Greater Diversification in Central Bank Reserves », Journal of Asset Management, à paraître.

L'auteur

  • M. Brière 2
    • Head of Investor Research Center
      Amundi
    • Managing Editor
      Bankers, Markets and Investors

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