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Économie

L’investissement « factoriel » : nouvel Eldorado des investisseurs institutionnels ?

Le 26/05/2015
Marie Brière

L’investissement « factoriel » suscite un important engouement parmi les investisseurs institutionnels. Il s’agit d’un style d’investissement dont l’objectif est de capturer les primes de risque de long terme dans un portefeuille. Certaines primes de risque très simples, comme la prime de risque action ou la prime de terme sur le marché obligataire, sont déjà captées de manière systématique par les investisseurs, traditionnellement investis en actions et obligations. Mais d’autres facteurs de risque dynamiques, identifiés par de nombreux travaux académiques portant principalement sur les marchés actions, sont plus complexes et exigent de créer des portefeuilles dédiés qui s’éloignent significativement des indices de marché traditionnels. Ainsi, la prime de « taille » joue sur le fait que les petites entreprises ont tendance à surperformer les plus grosses sur le long terme. La prime de risque « value » cherche à capturer la surperformance des entreprises décotées par rapport à leurs fondamentaux. La prime de « momentum » peut être captée en investissant sur les titres ayant eu la performance passée à court terme la plus élevée, etc. L’investissement « factoriel » propose de définir son allocation, non plus en faisant le choix stratégique des classes d’actifs à inclure en portefeuille, mais en calibrant les expositions aux différents facteurs de risque auxquels l’investisseur souhaite s’exposer.

Cet engouement pour l’allocation factorielle est né du rapport rédigé par Ang Goetzmann et Schaefer [1], en 2009, pour évaluer la gestion active du fonds souverain norvégien. L’approche n’a cessé de se développer depuis, avec la création d’indices, d’ETF et de fonds factoriels aujourd’hui très nombreux. L’identification des facteurs de risque reste cependant compliquée. Harvey et ses coauteurs [2] (2015) ne comptent pas moins de 300 facteurs de risque repérés dans la littérature académique sur le marché actions. Lesquels sont de « vrais » facteurs de risque, c’est-à-dire un surcroît de rendement rémunérant une prise de risque sur le marché, et lesquels sont de simples anomalies de marché, qui ne sont pas amenées à perdurer ? La question est loin d’être tranchée [3]. McLean et Pontiff [4] (2015) montrent que certaines anomalies ont partiellement disparu avec le temps, sans doute arbitrées par les investisseurs.

[1] A. Ang, W. Goetzmann et S. Schaefer (2009), « Evaluation of Active Management of the Norwegian GPFG », Norway: Ministry of Finance.

[2] C.R. Harvey, Y. Liu et H. Zhu (2014), «…And the Cross Section of Expected Returns », NBER Working Paper n° 20592.

[3] K. Pukthuanthong et R. Roll (voir leur papier de 2014 : « A Protocol for Factor Identification «, SSRN Working Paper n° 2517944) proposent une méthode d’identification de ces facteurs intéressante.

[4] R.D. McLean et J. Pontiff (2015), « Does Academic Research Destroy Stock Return Predictability?», Journal of Finance, à paraître.

L'auteur

  • M. Brière 2
    • Head of Investor Research Center
      Amundi
    • Managing Editor
      Bankers, Markets and Investors

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