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BPCE se désengage de l’Afrique

La banque mutualiste française est sur le point de céder plusieurs participations en Afrique au troisième groupe bancaire marocain. Cette transaction s’inscrit dans un vaste mouvement stratégique de recentrage de ses activités.

Le 29/10/2018
Georges Pujals

Le 25 septembre dernier, le groupe mutualiste BPCE est entré en négociations exclusives avec le marocain Banque Centrale Populaire (BCP), celui-ci ayant été retenu pour l’acquisition de ses participations dans quatre banques en Afrique (v. Encadré 1).

Logées au sein de BPCE International, les participations concernées par cette transaction sont : 68,5 % de la Banque Internationale du Cameroun pour l’Épargne et le Crédit (BICEC) au Cameroun (3e acteur bancaire), 71 % de la Banque Malgache de l’Océan Indien (BMOI) à Madagascar (4e acteur bancaire), 100 % de la Banque Commerciale Internationale (BCI) en République du Congo (4e acteur bancaire) ainsi que 60 % de la Banque Tuniso-Koweitienne (BTK) en Tunisie (v. Encadré 2).

Avec près de 1900 collaborateurs, ces quatre banques disposent d’un réseau de 117 agences et ont réalisé en 2017 un PNB agrégé d’environ 180 millions d’euros. Sur un total de 577 000 clients, BICEC compte 402 000 clients, BCI 77 000, BTK 64 000 clients et BMOI 34 000 clients.

Ces cessions bancaires en Afrique s’inscrivent pleinement dans la stratégie de recentrage de la banque mutualiste sur les métiers et zones géographiques prioritaires de développement du groupe, laquelle s’est accélérée avec l’arrivée de son nouveau président, Laurent Mignon, en juin dernier.

BPCE et BCP n’en sont pas à leur première transaction. En effet, BCP avait déjà acquis en février dernier une autre filiale du groupe bancaire français basée à l’île Maurice, la Banque des Mascareignes. À noter également que la banque française détient une participation de 4,5 % dans le capital de la banque marocaine et siège à son conseil d’administration.

À l’issue de cette opération, BPCE ne disposera plus que de deux participations dans des banques africaines, à savoir 20 % du capital de la banque malienne BNDA ainsi que celle déjà évoquée précédemment dans le capital de la banque marocaine BCP.

Plus généralement, cette transaction confirme le mouvement stratégique de désengagement des banques françaises du continent africain, à l’exception toutefois de BNP Paribas et plus encore de la Société Générale qui souhaite tirer profit de l’essor de la banque mobile en Afrique.

L'auteur

  • Pujals
    • Chargé d'études
      Bureau Van Dijk
    • Chargé de cours
      Université Paris-Descartes

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