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L'actualité des M&A bancaires

Banques irlandaises : année « zéro »

Avec deux survivants, le secteur bancaire irlandais va sortir profondément transformé de la plus grave crise de son histoire.

Le 28/06/2011
Georges Pujals

À la fin du mois de mai, Allied Irish Banks (AIB) a annoncé l’acquisition d’EBS Building Society (EBS), pour un montant symbolique d’un euro (voir Encadré 1). Cinquième banque du pays, cette dernière compte 440 000 clients, un réseau de 95 agences et 20,1 milliards d’euros d’actifs au 31 décembre 2010. À l’issue de la transaction, prévue le 1er juillet prochain, le nouvel ensemble disposera de plus de 165 milliards d’euros d’actifs. Il devra néanmoins en céder environ 23 milliards d’ici à la fin 2013, afin de répondre aux exigences imposées par les pouvoirs publics.

Cette opération s’inscrit dans le cadre de l’annonce faite le 31 mars dernier par le gouvernement irlandais d’une fusion « forcée » entre les deux établissements. Ensemble, ils formeront l’un des deux « piliers » sur lequel sera reconstruit le nouveau paysage bancaire irlandais. L’autre sera constitué autour du numéro 1 national, Bank of Ireland. Quant aux deux banques les plus fragilisées par l’éclatement de la bulle immobilière domestique, Anglo Irish Bank et Irish Nationwide Building Society, elles sont actuellement en phase de liquidation [1]. Le bancassureur Irish Life & Permanent va pour sa part devoir vendre sa filiale d’assurances et de retraite. En revanche, le futur de sa filiale bancaire n’a pas encore été scellé.

3 ans après le début de la crise, les 2/3 des principales banques irlandaises vont donc disparaître. Par ailleurs, la facture totale du sauvetage des établissements bancaires devrait s’élever à plus de 70 milliards d’euros pour l’État, soit près de la moitié du PIB de l’Irlande. Un chiffre qui rend compte du véritable séisme qu’a connu l’ensemble de cette industrie. Quoi qu’il advienne, la crise irlandaise restera l’une des plus coûteuses et dévastatrices de l’histoire bancaire. Au-delà de ses effets sur les acteurs et les structures, il convient également de s’interroger sur les conséquences de cette vaste restructuration pour ce qui de l’emploi et de la capacité du secteur à financer l’économie. L’avenir du pays en dépend.

 

Achevé de rédiger le 21 juin 2011.

[1] Les dépôts d’Anglo Irish Bank et d’INBS ont été transférés respectivement à Allied Irish Bank et Irish Life & Permanent.

L'auteur

  • Pujals
    • Chargé d'études
      Bureau Van Dijk
    • Economiste bancaire
      CEPN
    • Chargé de cours
      Université Paris Descartes

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