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Transition énergétique

Les propositions du Pacte Finance Climat observées de près à la BEI

Si la création d’une filiale dédiée au climat n’est pas à l’ordre du jour, les propositions de Pierre Larrouturou ont été accueillies avec intérêt à la Banque Européenne d’Investissement.

Le 22/02/2019
Géraldine Dauvergne

Soutenus par 600 personnalités issues des sciences, de l’économie et de la politique, l’économiste Pierre Larrouturou et le climatologue Jean Jouzel ont présenté dans les médias, dans le cadre du Grand Débat national et à un mois du Conseil européen qui doit donner un nouveau cap à l’Europe, leur projet de traité européen « Finance Climat ». Celui-ci prévoit la création d’une banque européenne du climat et de la biodiversité, filiale de la Banque Européenne d'Investissement (BEI), et d’un fonds européen climat et biodiversité.

100 milliards de dollars d'ici 2020

« L’Europe n’est pas en retard et elle a déjà une banque du climat : la BEI », rappelle d’emblée un porte-parole de l’institution financière, chiffres à l’appui : en 2018, les deux tiers des projets financés en France par la BEI avaient une composante en faveur du climat. Et dans le cadre des engagements pris lors de l'Accord de Paris à la Cop 21, elle s’apprête à investir 100 milliards de dollars d'ici 2020. « La création d’une filiale dédiée au climat n’est pas à l’ordre du jour aujourd’hui à la BEI », insiste-t-il encore. Toutefois, la démarche de Pierre Larrouturou y aurait été accueillie « avec intérêt ». Pierre Larrouturou a d’ailleurs rencontré le 1er février son vice-président Ambroise Fayolle, pour un long entretien. « Reste à démontrer qu’une filiale de la BEI serait plus efficace que ce que nous faisons aujourd’hui », conclut le porte-parole.

Une voie qui mérite d'être étudiée

Destiné à financer un budget de 100 milliards d’euros par an pour la transition écologique en Europe, en Afrique et sur le pourtour de la Méditerranée, le « fonds européen climat et biodiversité » imaginé par celui qui fut le cofondateur du parti Nouvelle Donne serait abondé par une contribution des entreprises opérant dans l’Union européenne, en fonction de leur bilan carbone. « C’est une voie qui mérite d’être étudiée, estime-t-on à la BEI. Le succès du plan Juncker l’a montré : les garanties budgétaires apportées par un fonds dédié à une banque de financement publique comme la nôtre peuvent avoir un véritable effet de levier, et mobiliser le privé. »

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