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Sberbank change de braquet

Après plusieurs mois de rebondissements, la banque russe Sberbank a mis la main sur ce qui était considéré comme le « joyau » de Dexia. Il s’agit d’une étape majeure dans sa stratégie de développement à l’international.

Le 28/08/2012
Georges Pujals

Dans un contexte pourtant peu favorable aux opérations de croissance externe, Sberbank fait preuve depuis un an d’un esprit de conquête assez remarquable. En effet, elle a conclu quatre fusions-acquisitions d’envergure, dont deux à l’étranger.

En février dernier, la première banque russe a pris le contrôle de Volksbank International à l’établissement bancaire autrichien Oesterreichische Volksbanken (51 % du capital) pour plus de 500 millions d’euros. Plus récemment, début juin 2012, elle a signé un accord avec Dexia pour le rachat de sa filiale turque, DenizBank (voir Encadré 1). Après le retrait du sino-britannique HSBC en janvier, Qatar National Bank (QNB) aura longtemps fait figure de grand favori, avant de jeter l’éponge fin mai. Malgré une première tentative infructueuse en novembre 2011, Sberbank l’a donc finalement emporté. Le montant de la transaction devrait être compris entre 2,8  et 3,1 milliards d’euros. Il s’agit de sa plus grosse acquisition réalisée à l’international. Denizbank est la 8e banque de Turquie, avec 25,9 milliards de dollars d’actifs et 589 agences.

Cette opération présente un double intérêt stratégique pour la première banque de Russie. Tout d’abord, elle lui permet de s’implanter sur l’un des marchés les plus attractifs d’Europe, caractérisé par une forte croissance économique, une population jeune et en progression, et par un marché bancaire à fort potentiel et très rentable. Solidement implantée sur son immense marché domestique, Sberbank accélère par ailleurs sa diversification géographique en prenant des positions significatives en banque de détail dans les principaux pays des PECO, à l’exception notable de la Pologne. En début d’année, elle ne possédait qu’environ 2 % de ses actifs hors de ses frontières, avec une présence limitée en Ukraine, Biélorussie et au Kazakhstan, contre 11 % à l’issue de l’opération. Même si son ancrage reste pour le moment régional, l’établissement russe vient de franchir une étape importante en acquérant une véritable dimension internationale (voir Encadré 2).

Au cours des prochains mois, Sberbank devra surtout s’atteler à l’intégration de ses différentes filiales étrangères acquises sur la période récente. Dans cette perspective, elle pourra notamment compter sur l’expérience et le savoir-faire de l’ancien directeur général d’UniCredit, Alessandro Profumo. Ce dernier ayant rejoint l’an dernier les organes de direction du groupe bancaire russe, il représente un atout non négligeable lorsque l’on sait qu’il a piloté l’expansion de la banque italienne dans les pays d’Europe de l’Est à partir de 1998.

Achevé de rédiger le 17juillet 2012

L'auteur

  • Pujals
    • Chargé d'études
      Bureau Van Dijk
    • Chargé de cours
      Université Paris-Descartes
    • Economiste bancaire
      CEPN

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