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Entrepreneuriat

Les paiements supplantent la finance alternative chez les entrepreneurs de la FinTech

Au sein de l’écosystème français des FinTechs, la finance alternative attire de moins en moins les créateurs d’entreprises.

Le 01/03/2019
Géraldine Dauvergne

Les montants collectés par la finance alternative – crowdfunding et financement alternatif des entreprises – ont plus que quadruplé entre 2015 et 2018, passant de 297 millions à 1,4 milliard d’euros, indique le dernier baromètre de la finance alternative et du financement participatif de KPMG et de l’association Financement Participatif France (FPF), d’après les données communiquées par 77 plates-formes.

Le marché du crowdfunding semble arrivé à maturité, mais il ne fait plus rêver les entrepreneurs de la FinTech, si l’on en croit la « cartographie 2019 des FinTechs françaises », conçue par NewAlpha Asset Management et Exton Consulting. Entre 2017 et 2018, une cinquantaine de nouvelles FinTechs ont vu le jour. Avec 67 sociétés actives à ce jour, le secteur des paiements, la « PayTech », supplante désormais le secteur historique du financement alternatif.

Sur les 320 sociétés figurant dans la cartographie, seules 49 relèvent donc du financement participatif, essentiellement des plates-formes de crowdlending, crowdequity et collectes de dons déjà anciennes : 8 sur 10 ont été créées avant 2015. « Ce secteur est en recul tant en termes de créations (10 % des nouvelles sociétés FinTech recensées) que de stock existant », notent les auteurs. Trois faillites ont été enregistrées parmi ces acteurs. La fin de l’année 2018 fut particulièrement marquée par la liquidation judiciaire du pionnier du crowdlending, Unilend.

De plus en plus souvent en BtoBtoC

Les FinTechs les plus dynamiques, après celles des paiements, relèvent de l’InsurTech (18 % des sociétés recensées et dix créations d’entreprises en 2018) et des solutions de gestion et d’agrégation des flux financiers (10 %, une proportion stable malgré l’entrée en vigueur de la DSP2) et de la RegTech (8 %). Sur les 27 sociétés répertoriées répondant aux nouveaux besoins réglementaires de la banque, de l’assurance et de la gestion d’actifs, spécialisées par exemple dans la réalisation de KYC ou le contrôle des risques chez les acteurs institutionnels, près de 40 % ont été créées entre 2016 et 2018.

On dénombre enfin 21 sociétés proposant des applications « blockchain » à l’industrie financière, notamment dans le trading, la distribution, le stockage et la gestion de cryptomonnaies. Cinq seulement ont été créées en 2018, ce qui, selon Sophie Zellmeyer, directrice FinTech & Innovation chez Exton Consulting, « reste peut-être en deçà des attentes suscitées. Les projets innovants dans la blockchain, hors du trading de cryptomonnaies, sont encore à leurs prémices et les réalisations opérationnelles conjointes entre start-up et grands groupes restent encore peu nombreuses. »

Têtes de proue des FinTechs, les néo-banques représentent moins de 5 % de ces sociétés en France. Entre les coûts d’acquisition et les contraintes réglementaires, le ticket d’entrée dans cette activité reste très élevé. Initialement tournées vers le B2C, les néo-banques, tout comme les FinTechs spécialistes de la gestion d’actifs, de l’agrégation de flux financiers et autres InsurTechs, développent aujourd’hui des modèles tournés vers d’autres professionnels et vers les entreprises. « Plus de 50 % des FinTechs opèrent désormais en B2B2C, au service de banquiers, assureurs ou d’autres start-up, constate Sophie Zellmeyer. Ces derniers ont désormais compris que les FinTechs, grâce à leur capacité à rapidement délivrer des solutions innovantes et facilement intégrables au travers d’API, étaient des partenaires crédibles et nécessaires à la modernisation de leur filière. » G. D.

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