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Banques en ligne

Les néobanques peinent à trouver leur rentabilité

Le 29/10/2018
Stéphanie Chaptal

L’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) vient de publier une étude sur les modèles d’affaire des banques en ligne et des néobanques [1]. Pour ce faire, l’ACPR a interrogé douze de ces nouvelles banques : BforBank (Groupe Crédit Agricole), Boursorama (groupe Société Générale), C-Zam (Carrefour Banque), Compte Nickel (groupe BNP Paribas), Fortuneo (Groupe Crédit Mutuel Arkéa), Hello Bank (groupe BNP Paribas), ING Direct (groupe ING), Ma French Bank (groupe La Banque Postale) [2], Monabanq (groupe CM11-CIC), N26 Bank et Revolut (sous passeport européen) et Orange Bank (Groupe Orange). 6,5 % des Français sont aujourd’hui clients de ces banques et, surtout, 33,5 % des conquêtes client faites en 2017 ont été réalisées par ces nouveaux acteurs. Soit 4,4 millions de clients au total, dont 1,3 million séduits en 2017 uniquement. Pourtant, à de rares exceptions près, ces nouveaux entrants ne sont toujours pas bénéficiaires. Elles dégagent en moyenne seulement 138 € de revenus par client et par an., Le régulateur note toutefois que la plupart des banques interrogées espèrent dégager des résultats positifs d’ici 2020.

L’ACPR relève trois risques majeurs pour ces néobanques :

  • les risques opérationnels (risque de fraude documentaire ou sur les moyens de paiement et risques d’externalisation liés aux nombreux prestataires technologiques) ;
  • comme l’entrée en relation se fait à distance, les néobanques doivent être vigilantes en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme et donc mieux identifier leurs clients ;
  • malgré la dématérialisation des parcours et l’autonomie laissée aux clients, elles doivent garantir l’accessibilité et la qualité de l’information fournie à ceux-ci. L’ACPR précise d’ailleurs que « les établissements de l’étude qui dégagent les meilleurs résultats financiers ont également une charge de risque plus faible ». Elle remarque également que « si les plans stratégiques de certains établissements pourraient se révéler trop ambitieux, il reste toutefois délicat de juger de projections de rentabilité pour des acteurs dont la stratégie d’innovation et de développement peut induire des transformations profondes du secteur. »

 

[1] Publié le 10 octobre 2018 et téléchargeable à l'adresse  : https://acpr.banque-france.fr/etude-sur-les-modeles-daffaires-des-banques-en-ligne-et-des-neobanques-0.

[2] La date de lancement officiel de Ma French Bank n'est pas connue à l’heure où nous publions ces lignes.

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