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Epargne

Les Français s’accrochent à leurs livrets

Les épargnants rejettent la réforme sur la fiscalité de l’épargne et le projet de loi Pacte, fers de lance du ministre de l’Économie pour rediriger l’épargne vers le financement des entreprises.

Le 11/09/2018

Les Français protègent leur bas de laine. Non seulement ils méconnaissent la réforme sur la fiscalité de l’épargne ainsi que le projet de loi PACTE, fers de lance du ministre de l’Économie pour rediriger l’épargne vers le financement des entreprises, mais ils les rejettent sans ménagement. C’est ce que montre une étude BPCE-Kantar sur les arbitrages financiers des ménages, présentée en juillet.

En vigueur depuis janvier, les mesures sur la fiscalité de l’épargne rebutent d’emblée les épargnants. Seuls 3 % déclarent en avoir une « bonne connaissance » et 23 % en « connaissent les grandes lignes ». Pire, leur logique suscite une méfiance générale. Ainsi, 79 % des épargnants considèrent que le nouveau prélèvement forfaitaire unique (PFU) ne leur est pas favorable. La réputation de la réforme souffre enfin du « malentendu fondateur autour des 30 % de la flat tax », et même de l’« effet de souffle » de la suppression de l’ISF, soulignent les auteurs de l’étude. En 2018, les épargnants utilisent le dépôt à vue pour stocker 45 % de leurs réserves. Quant aux livrets d’épargne réglementés, ils représentent 38 % des placements financiers hors titres. L’assurance vie, elle, capte 34 % des placements, au lieu de 13 % en 2017.

 

Le PEA ? "trop risqué !"

 

Les épargnants les moins aisés, qui craignent pour leur patrimoine immobilier, acceptent d’autant plus mal l’injonction gouvernementale à souscrire des actions. Seuls 3 % de l’ensemble des épargnants ont d’ailleurs l’intention d’augmenter leurs placements dans des comptes titres, Sicav, obligations, ou actions. Le PEA, l’un des rares produits non soumis au PFU, ne suscite pas beaucoup plus d’adhésion : 15 % des épargnants le trouvent « trop risqué » et 72 % déclarent ne pas être intéressés. Les Français ont peu recours aux produits dédiés pour préparer financièrement leur retraite. Pourtant, concluent les auteurs de l’étude, l’épargne retraite apparaît comme une solution plus adaptée que l’actionnariat individuel pour financer les entreprises.

 

Géraldine Dauvergne

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