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Témoignage

PayDunya, le paiement en ligne aux standards africains

Le 06/03/2018

Surfer sur des sites de e-commerce depuis son smartphone, c’est bien ; pouvoir acheter, c’est mieux. Pourtant, quand Aziz Yérima, encore étudiant, a cherché à intégrer PayPal comme solution de paiement sur un site qu’il développait dans le cadre d’un projet associatif, il a essuyé une fin de non-recevoir. Il s’est alors rappelé son cours sur le mobile money : « En Afrique, tout le monde a un téléphone : pourquoi ne pas en profiter pour développer des services financiers digitaux accessibles à tous et adaptés aux réalités africaines ? » Ainsi est né PayDunya, en 2015, une API permettant l’acquisition des paiements par mobile money et par cartes sur Internet. Parmi ses clients : des marques européennes cherchant à commercialiser leurs produits en Afrique. « Le e-commerce évolue mais pas le e-paiement des biens de petite et moyenne valeur, qui sont encore souvent réglés à la livraison. Et comment faire pour acheter des biens digitaux ? Le potentiel est très important », perçoit le jeune entrepreneur. Le développement du social shopping, c’est-à-dire la commercialisation de produits directement sur les réseaux sociaux, lui semble tout aussi porteur. Et le succès au Sénégal de la messagerie WhatsApp n’est sûrement pas étranger à cet intérêt.

Aziz Yérima ne se voile pas la face : s’imposer parmi les grands n’est pas simple. Pour se faire connaître et créer le réflexe d’utilisation de sa plate-forme chez les consommateurs africains, il mise sur une nouvelle offre de paiement récurrent, baptisée Collect. « Ce produit pourra être utilisé online mais aussi offline, pour rembourser son microcrédit, payer son loyer, s’acquitter des frais de scolarité des enfants », explique Aziz Yérima, pour qui la première expérience de l’utilisateur est cruciale. Pas question non plus de négliger l’aspect sécurité, en particulier pour lutter contre la fraude. « Nous avons développé en interne notre propre outil de détection, basé sur les habitudes des fraudeurs auxquels nous avons été confrontés sur nos marchés. »

Reste que pour développer de tels projets, il faut des fonds. « Il manque un vrai écosystème d’investisseurs issus de l’Afrique francophone. C’est aux entreprises locales qui ont réussi de créer cet écosystème », regrette l’entrepreneur qui est tout de même parvenu à lever des fonds auprès d’une poignée de business angels improvisés. PayDunya a bien été également approché par un acteur sud-africain pour être racheté. « Nous étions tout petits par rapport à eux. Nous aurions été amenés à travailler pour eux et à abandonner des projets qui nous tenaient à cœur, comme Collect. » L’aventure entrepreneuriale d’Aziz Yérima n’étant pas terminée, il a décliné.

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